Contes chinois

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Contes chinois

Message par Rita-kazem le Mer 14 Avr - 23:23

L'histoire de la nouvelle année












Dans
un grand nombre de pays, les jours fériés se passent pendant les jours
les plus sombres, au plus froid de l’hiver. En Asie, vivent toutes
sortes de gens qui célèbrent toutes sortes de fêtes. Chaque groupe a
ses traditions et ses histoires mais il existe cependant une fête que
tout le monde fête et c’est le Nouvel An Lunaire que nous appelons le
Nouvel An chinois. Cette fête tombe toujours entre la mi-janvier et la
mi-février. Chaque habitant place des papiers rouges sang autour de sa
porte d'entrée. Sur ceux-ci sont écrits d’une belle écriture des tas de
bons vœux pour le Nouvel An. En plus, à l’aube, les habitants font
exploser des pétards. Cette histoire est une des histoires qui explique
pourquoi les gens font ces choses.
Il y a bien longtemps, quand
des dragons puissants vivaient sur la terre et dans les mers, personne
à Taiwan ne célébrait le nouvel an lunaire. Même dans un certain
village, ce jour était le plus mauvais jour de l'année parce qu’un
habitant avait tué un dragon des mers. Tout le monde sait que c’est une
chose terriblement malheureuse à faire car le fantôme du dragon
revenait hanter le village chaque année à l'aube du nouvel an.Lorsqu’il apparaissait, il secouait son horrible tête et hurlait : « J'ai faim. Donnez-moi un fils premier-né à manger! »
- « Non! non! Nous ne ferons pas ça !" répondirent les villageois en pleurs."Nous ne vous donnerons pas d'enfant à manger!"
-
"Alors je vous tuerai tous!" Et le fantôme de dragon soufflant son
haleine puante et chaude en direction du village. La fumée s’insinuait
partout et les villages commençaient à tousser. Certains perdaient même
connaissance. Le plus sage du village se rendant compte que le fantôme
de dragon pourrait facilement les faire tous mourir, décida à
contre-cœur de donner un enfant nouveau-né afin de sauver le reste du
village. Il espérait qu’avec cette offrande, jamais plus le fantôme du
dragon ne reviendrait. Mais année après année, le fantôme de dragon
revenait et année après année, une famille devait sacrifier son fils
premier-né pour satisfaire la voracité de l’animal.Une année, c’était au tour de la jeune Veuve Teng de sacrifier son seul enfant, un beau garçon qui allait avoir cinq ans.Comme
le voulait la tradition, quatre jours avant le nouvel an lunaire, le
prêtre Taoïste quittait le temple et s’en allait à travers le village
jusqu’à la maison de l’infortunée qui devait sacrifier son premier
enfant. Comme il marchait en direction de la crique, là où se trouvait
la maison de la Veuve Teng, tous les villageois se demandaient avec
hésitation, "Où va-t-il cette année ?"
"Chez la Veuve Teng." dit une femme
"Oh non pas chez elle. C'est son seul enfant !" s’écria une autre.Les
voisins de la Veuve Teng s’étaient rassembles tout autour de la maison.
Ils s’attendaient à entendre des cris de douleur au moment où elle
apprendrait la terrible nouvelle. Mais rien. Aucun son ne parvenait de
sa petite maison. Lorsque le prêtre est reparti, ils se sont précipités
pour voir ce qui se passait. Ils la trouvèrent assise dans sa cuisine.- "Le prêtre ne vous a pas dit les nouvelles ?"
- "Oui, il m'a dit," a répondu la veuve calmement.
- "Mais pourquoi ne pleurez-vous pas ?"
-
"Parce que je n'ai pas de temps pour pleurer" leur dit la Veuve Teng. "
Je pense à une façon de rouler le fantôme de dragon. Il n'aura pas mon
fils."Pendant trois jours et trois
nuits, elle a arpenté le sol essayant d’échafauder un plan. De temps en
temps, elle faisait une pause et regardait son fils qui joutait dans la
cour. Elle priait aussi à l’autel de ses ancêtres et à tous les dieux
dont elle connaissait les noms. Lorsque son fils s’endormait, elle
s’asseyait à côté de lui et lui caressait doucement le visage qui
ressemblait tellement à ce lui de son père. Elle alla même consulter la
diseuse de bonne aventure, les prêtres et chacun dans le village. Mais
personne ne savait que faire. La situation semblait désespérée. Lasse
de tant attendre, de tant marcher, de tant prier, elle s’endormit
épuisée sur le sol devant l’autel des ancêtres de la famille. Son petit
fils qui l'avait vue se dit qu’il ne devait absolument pas l’éveiller
car elle rêvait peut-être et il ne voulait pas lui couper son rêve…Bien
lui en prit car effectivement sa mère rêvait. Parce qu’elle n’avait pas
dormi durant trois jours, une masse de rêves lui venaient dans un ordre
décousu. Elle voyait des dragons et des fantômes, la peur et la
crainte, des enfants innocents et de la douleur, du sang et de grands
bruits et puis de la joie le tout tourbillonnant dans sa tête.Quelque
heures avant l'aube, elle s’éveilla et doucement secoua sa tête encore
douloureuse d’avoir tant rêvé. Et alors, le miracle se produisit. Les
images décousues s’assemblèrent et elle su ce qu’il fallait faire.Les
dragons de son rêve avaient peur de deux choses : peur de la vue de
sang et peur des bruits violents. Quand quelqu'un a peur, il s’enfuit
en général en courant. Mon plan sera simple : Je mettrai le sang sur ma
porte et je ferai tant de bruit que le fantôme du dragon sera effrayé
et partira en courant…""Du sang ...
je suis si pauvre que je n'ai pas même un poulet à tuer pour prendre
son sang." Elle prit son couteau le plus pointu et se coupa au doigt,
laissant gouttes à gouttes couler son sang sur un tissu jusqu'à ce que
toutes les gouttes jointes ensemble recouvrent entièrement l’étoffe.
Elle prit le tissu et l’accrocha à l'extérieur, sur sa porte.Maintenant
faire des bruits violents… Les pétards seraient le mieux mais je n'en
ai pas. Je suis si pauvre que je ne pourrai pas en acheter et en plus,
il n’y a aucun magasin ouvert aujourd’hui. Elle réfléchit et pensa aux
bambous. Elle savait que lorsque des morceaux de bambou brûlent, ils se
fendent dans un bruit épouvantable. Elle prit son couteau pointu elle
s’en alla dans le froid afin de couper une douzaine de grands morceaux
de bambou. Elle les plaça en pyramide devant sa porte juste au-dessous
du tissu taché de sang. Ainsi disposés, ils brûleraient rapidement et
éclateraient tous à la fois.Quand
devrais-je allumer le feu ? Juste à temps. Ni trop tôt, ni trop tard.
Afin qu'il éclate dans le visage du fantôme de dragon. Elle alluma une
petite torche et s'accroupit dans l’embrasure de la porte attendant
l'aube et la venue du fantôme de dragon.Elle
a attendu et attendu. Il lui semblait tellement elle attendait que le
soleil était gelé au-dessous de l'horizon et ne monterait pas
aujourd’hui. Tout était calme, si calme que le seul bruit qu’elle
entendait les coups de son cœur. Finalement la lune et des étoiles ont
commencé à disparaître du ciel.Faiblement, elle a entendu le hurlement du fantôme de dragon"Etait-il temps d’allumer le feu ? Non, le fantôme de dragon était trop loin."Chacun
dans le village était tapi dans son lit sous les édredons et les
couvertures. Personne ne dormait sachant que la Veuve Teng attendait le
fantôme de dragon. Seul son fils dormait du sommeil d’un ange.On
entendit un hurlement. Le fantôme de dragon devait être en bas au
centre du village. Il était temps pour elle d’allumer. La Veuve Teng
prit sa lanterne, l’inclina vers la pyramide de bambou et l’enflamma.Elle
entendait la terre qui tremblait sous le poids du fantôme du dragon qui
marchait vers sa petite maison. Il descendait à présent sa ruelle, il
s’approchait…Arrivé devant chez
elle, le fantôme de dragon s'est arrêté devant la maison et voyant le
linge taché de sang, s’est mis à hurler si fort que tous ses os ont
tremblé. Au même moment, le feu de bambou a éclaté. Le fantôme du
dragon terrifié par la vue de sang humain et les bambous qui éclataient
s’est enfui en courant à travers le village.Et la Veuve Teng ? Elle s’est assise et de grosses larmes se sont mises à couler.Les
gens du village sont accourus. Les cloches se sont mises à sonner et de
tous les côtés, les gongs célébraient ce grand jour tandis que les
pétards faisaient éclater la joie !Et
depuis ce jour, chaque année, dans chacun des villages, on met le sang
des papiers rouges autour de leurs portes et on allume des pétards
bruyants à l'aube et depuis lors, le fantôme de dragon n'est jamais
revenu.
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La déesse chang

Message par Rita-kazem le Mer 14 Avr - 23:23

La déesse chang




Sur
la demande de l'Empereur Céleste, Yi abattit les neuf soleils, châtia
le démon des eaux Hebo et tua nombre de monstres et d'animaux féroces.
Le peuple l'aimait et le vénérait. Yi voyageait beaucoup, se liait
d'amitié avec la population et menait une vie paisible. Un
jour, alors qu'il chassait dans les bois, Yi traversa un ruisseau et
aperçut sur l'autre rive une jeune fille puiser de l'eau avec un tube
de bambou. Un jour, alors qu'il
chassait dans les bois, Yi traversa un ruisseau et aperçut sur l'autre
rive une jeune fille puiser de l'eau avec un tube de bambou. Sa longue
course l'avait assoiffé. Il s'approcha de la jeune fille et lui demanda
à boire. Devinant qu'il était le héros Yi, elle l'accueillit
aimablement, lui offrit à boire et lui cueillit une belle fleur en
témoignage de son respect. Yi choisit alors dans ses trophées une
magnifique peau de renard et lui en fit cadeau. En
bavardant avec elle, il apprit qu'elle s'appelait Chang E. Ses parents
avaient été tués par des animaux sauvages. Depuis, elle vivait seule. Yi
se prit de pitié pour elle et Chang E le respectait beaucoup. les deux
jeunes gens tombèrent amoureux l'un de l'autre. Peu de temps après, Yi
et Chang E se marièrent et devinrent inséparables. Très attachés l'un à l'autre, ils menaient une vie heureuse, et Yi oublia complètement de retourner au ciel. Trois années plus tard, l'Empereur Céleste ordonna à Yi de retourner au ciel. Lorsque
l'Empereur Céleste apprit que Yi s'était marié sur Terre et ne voulait
pas revenir au ciel, il se mit dans une grande colère. Dès lors, il fut
interdit à Yi de remonter au ciel, mais il se consola en trouvant qu'il
était plus heureux sur terre. Ainsi continua-t-il à vivre sur la Terre.
Mais Yi savait que la vie des êtres humains a ses limites. Un jour, il dit à sa femme : -
Quand j'étais au ciel, j'ai entendu dire que dans les monts Kunlun, à
l'Ouest, habite la Reine-mère d'Occident. Elle possède une pilule
d'immortalité. Je vais aller la chercher. Ils
étaient très tristes de cette première séparation mais, pour vivre
éternellement tous les deux, ils étaient prêts à affronter le danger et
la mort. Yi prit son arc et ses flèches, enfourcha un bon cheval et se
dirigea vers l'Ouest. Après avoir
surmonté d'innombrables difficultés, Yi arriva enfin au pied des monts
Kunlun. Yi arriva enfin au pied des monts Kunlun. La
Reine savait que Yi était un héros céleste qui avait délivré le peuple
de nombreux fléaux. Aussi l'accueillit-elle avec beaucoup de respect. Ayant
appris le but de sa visite, la Reine ordonna à l'Oiseau à trois pattes,
gardien des pêches d'immortalité, d'apporter une calebasse contenant
une pilule d'immortalité fabriquée à partir d'un des fruits de l'arbre
d'immortalité. Cet arbre ne donnait des fruits qu'une fois tous les
trois mille ans ; c'est pourquoi ces pilules étaient très rares et
extrêmement précieuses. - Emporte
cette pilule, dit la Reine, c'est la seule qui me reste. Néanmoins,
c'est largement suffisant pour ton épouse et toi : Prenez-en chacun la
moitié, et vous deviendrez immortels. Mais attention, si l'un de vous
deux l'avale entière, il s'envolera au ciel et ne pourra jamais plus
redescendre sur Terre. - Je ne
suis venu chercher la pilule d'immortalité que pour vivre éternellement
avec Chang E, répondit l'Archer céleste. Puis il prit la calebasse,
remercia la Reine et partit. Lorsque Yi retrouva Chang E, il lui raconta tout ce qui s'était passé et lui confia la pilule d'immortalité. Je
suis passé par mille épreuves pour aller la chercher. Si nous la
partageons, nous deviendrons immortels tous les deux. Mais si l'un de
nous l'avale entière, il ira au ciel sans espoir de retour. Garde-la
précieusement, nous la partagerons un jour faste prochain et nous
vivrons ensemble éternellement heureux. Chang E mit la calebasse dans sa poche avec précaution Yi
habitait sur la Terre depuis longtemps déjà et un grand nombre de
jeunes gens venaient le voir pour apprendre le tir à l'arc. Yi leur
enseignait consciencieusement son art. Lorsque le maître est compétent,
ses disciples sont brillants, dit le proverbe. De fait, la plupart de
ses élèves devinrent de célèbres archers. L'un
d'entre eux s'appelait Feng Meng. C'était un bon archer, mais un homme
ambitieux et jaloux. Il caressait l'espoir que son maître mourût avant
lui, afin de devenir le meilleur archer du monde. Un jour que Yi était allé chasser, Feng Meng en profita pour pénétrer chez lui et menaça Chang E de son arc. - Donne-moi vite la pilule d'immortalité, lui ordonna-t-il, sinon je te tuerai. Surprise, Chang E lui demanda : - Feng Meng, tu es le disciple de Yi ; pourquoi... ? Je
ne considère plus Yi comme mon maître. Devrais-je toujours rester un
archer de second ordre toute ma vie ? Non, car il mourra avant moi !
rétorqua Feng Meng en riant sarcastiquement. Chang E était rouge d'émotion et de colère. - Allons, dépêche-toi de me donner cette pilule ! Cria Feng Meng en brandissant son arc d'un air menaçant. Chang
E pensa à toutes les épreuves que son mari avait dû traverser pour
aller chercher la pilule d'immortalité. Elle ne devait pas laisser Feng
Meng s'en emparer. Alors Chang E sortit de sa poche la pilule et, au
moment où Feng Meng tendait la main, la porta rapidement à la bouche.
Elle l'avala et s'élança vers la porte. Chang
E avait déjà franchi le seuil lorsqu'elle se sentit toute légère et
s'envola vers le ciel. En pensant à son mari resté sur terre, elle
décida de se réfugier sur l'astre le plus proche, la Lune. Dès lors, le
Palais lunaire, dans lequel vivait désormais Chang E, brilla d'un éclat
nouveau. Lorsqu'à son retour de la
chasse, Yi apprit ce qui s'était passé, une immense tristesse
l'envahit. Il regarda la Lune et pensa à sa femme Chang E ; des larmes
inondaient ses joues. Devant
l'ingratitude que Feng Meng lui avait témoigné, Yi fut rempli de
colère. Il prit son arc et ses flèches et sortit à la recherche de son
disciple. Feng Meng s'était caché
dans un bois derrière la maison de Yi. Lorsque celui-ci passa à la hâte
devant lui sans le voir, il lui assena un violent coup de bâton sur la
tête. Yi s'affaissa, mortellement blessé. Lorsque
les disciples de Yi découvrirent le crime de Feng Meng, ils arrêtèrent
ce dernier immédiatement, l'attachèrent à un grand arbre et le
transpercèrent chacun d'une flèche. Son ambition démesurée l'avait mené
à sa perte.
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La petite chinoise

Message par Rita-kazem le Mer 14 Avr - 23:25

La petite chinoise






Li
Ming habitait une petite province de Chine. Nous l'avons rencontrée
lors d'un voyage organisé à Pékin. Elle était debout, vêtue du costume
de Mao, ses cheveux tressés et ses yeux remplis de curiosité. Devant ce
temple majestueux qui attirait tous les touristes, elle ne cessait de
dévisager tous ces étrangers. Puis, l'on ne sait pourquoi, elle s'est
approchée. Elle a prononcé quelques mots dans sa langue. Nous ne la
comprenions pas. Le groupe s'est éloigné, désintéressé. Son regard
était si implorant! Je suis restée. Je l'ai suivie. Elle marchait à
grands pas, heureuse. Nous sommes arrivées dans une petite ruelle,
grisâtre et fumante. Des marchands ambulants tentaient de vendre leurs
plats odorants. Elle s'est arrêtée près d'une porte, l'endroit étati
sombre. Nous sommes entrées. Le ciel s'est éclairci, la luminosité
était étourdissante. Et devant nous se dressait l'ancienne Chine. Un
véritable Empire comme je l'avais imaginé avant d'entreprendre mon
voyage. Un palais majestueux, coloré, éblouissant. Et puis une place
immense pour le moment inanimée.
Li Ming m'a demandée de traverser
cette place et de m'asseoir sur les marches du palais; elle m'a fait
comprendre qu'il fallait que j'attende et que je regarde. J'ai attendu
et j'ai vu...
Mille personnages se sont activés et préparaient
vraisemblablement une fête. Ils étais tous vêtus de soie colorée et mon
regard s'est posé. Il y avait là un palanquin dans lequel se trouvait
une jeune femme visiblement heureuse. Elle ressemblait étrangement à la
petite chinoise qui n'était d'ailleurs plus à mes côtés. Les mêmes yeux
si expressifs et enjoués. Elle attendait.
Tambour battant un cortège
est arrivé mené par deux hommes, suivi lui aussi, d'un palanquin
contenant un jeune homme. Les palanquins sont maintenant côte à côte,
aucun regard ne se croise. Les deux jeunes gens sont invités à se
rendre au palais. J'assiste bien à un mariage. Spectatrice, je suis
invisible à leurs yeux, Li Ming n'est toujours pas revenue. Les jeunes
mariés montent les marches sur lesquelles je suis assise; le cortège
les suit.
Et puis tout s'éteint. Le temps s'arrête quelques minutes.
La place est à nouveau déserte et la petite chinoise a repris place à
mes côtés. J'ai du mal à comprendre. Elle prend ma main, nous montons
les marches du palais et découvrons son intérieur. Elle me montre deux
portraits, un homme et une femme; le dernier Empereur de Chine et l'impératrice. Ces portraits ont une centaine d'années et pourtant il
s'agit bien là des jeunes mariés que j'ai vus il y a quelques instants.
Puis
Li Ming sort de sa poche une montre gousset et m'explique avec des
gestes et quelques mots, que nous avons remonté le temps. C'est un
pouvoir qu'elle possède dès qu'elle passe la porte de cette ruelle. Li
Ming ne connait que son prénom. Sa famille ne vit pas à Pékin. Elle y
vient lorsque ses parents agriculteurs décident d'aller y vendre des
produits de leur culture. Elle aime découvrir et c'est en se promenant
dans ce vieux quartier que tous ces évènements se sont produits. Elle
voulait aujourd'hui que quelqu'un découvre un tout petit bout
d'histoire de l'ancienne Chine avec elle. C'est pour celà qu'elle
dévisageait tous ces touristes si intensément. Elle faisait un choix.
Elle m'a choisie.....
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La princesse des glycines

Message par Rita-kazem le Mer 14 Avr - 23:25

La princesse des glycines













Lu-Lung
est une toute petite cité, située au pied d'une très haute montagne,
dans la Chine lointaine. La ville est tellement petite que tout le
monde s'y connaît. Les maisons sont tellement proches les unes des
autres, qu'en hiver, lorsqu'il gèle à pierre fendre, on a réellement
l'impression qu'elles se protègent du froid les unes les autres.
Dans
la ville de Lu-Lung vit depuis très très longtemps une pauvre veuve. La
femme a un fils. Un garçon superbe qu'elle a appelé Wang, le nom que
portait déjà son grand-père. Dans la ville de Lu-Lung, personne n'est
aussi fort ni aussi courageux que Wang. Sans rien en dire, toutes les
femmes envient la pauvre veuve d'avoir un fils aussi fort et aussi
courageux.
Wang et sa mère mènent une vie paisiblement heureuse si
ce n'est la présence dans la maison d'à côté de l'usurier Yu. Ils sont
constamment ennuyés par lui. Le vieil homme est malade de jalousie
devant la force et la jeunesse de Wang et il ne rate aucune occasion
pour tourmenter le jeune homme et sa mère. Sans cesse, il leur fait des
remarques désobligeantes. Bien sûr, c'est de la méchanceté gratuite
mais au fil des jours, les remarques commencent à peser sur Wang et sa
mère.Un soir alors que Wang est
assis dans le jardin devant la maisonnette, Yu demande à la veuve :-
-"Comment se fait-il que ton fils vive toujours chez toi ? Il me
semblait que les jeunes de son âge étaient mariés depuis bien
longtemps. Sans doute, les jeunes filles de Lu-Lung ne sont pas assez
bien pour lui et il attend une princesse…"
La veuve très digne le toise avant de lui répondre :
-
"Après tout, pourquoi pas ? Ton idée n'est pas si bête en somme. Wang
est le jeune homme le plus beau et le plus courageux de toute la
région. Une princesse ferait certainement une bonne affaire en
l'épousant! "
L'usurier se met à rire et dit :
- "Dans ce cas, il
risque d'attendre très longtemps. Dans la région, il n'y a pas de
princesse!" mais fort en colère et dépité, il rentre chez lui en
claquant la porte de son logis.
La veuve se demande bien pourquoi un
vieil homme peut être encore aussi méchant. S'il était plus gentil, il
serait sans aucun doute plus heureux et tout le monde l'aimerait… Elle
regarde son fils avec des yeux emplis de tendresse et lui dit :
- "C'est vrai dans le fond ! Je suis certaine qu'une princesse serait très heureuse avec toi! "
Wang sourit :
-
"Le voisin a raison : il n'y a pas de princesse dans la région. Et,
puis, si j'en trouvais une, comment pourrions-nous l'accueillir dans
cette petite maison?"
Wang se lève et prend gentiment sa maman par l'épaule.
-"Viens", dit-il, "Rentrons. Il est inutile de rêver. Jouons plutôt une part de dominos."Les
années passent. Rien de bien important n'arrive dans la vie de Wang et
de sa mère. Le garçon devient de plus en plus beau et de plus en plus
fort, mais ne parle toujours pas de se marier. Sa mère est hantée par
les paroles du vieil usurier et ne peut que soupirer. Il lui semble
parfois que son fils attend vraiment une princesse qui accepte de
l'épouser...Un jour, alors que Wang
est en train d'étudier dans sa chambre, il entend un bruit inattendu.
Il regarde vers la statuette de Bouddha qui trône dans la pièce et
aussitôt, la porte s'ouvre et un délicieux, un enivrant, un subtil
parfum de glycine envahit les lieux. Dans l'embrasure de la porte, se
tient une très jeune femme. Elle porte un kimono de couleur mauve de la
même couleur que ses yeux et que les rubans qui nouent ses longs
cheveux noirs. A son cou, brille un collier de perles éclatantes et,
sur ses mains très blanches, scintillent des saphirs et des diamants.
Wang n'en croit pas ses yeux. Il pense qu'il rêve. Il doit être tombé
endormi alors qu'il étudiait. Son imagination surexcitée lui joue un
tour…La jeune femme s'avance vers lui et dit d'une voix cristalline :
-
"Non, Wang, tu ne rêves pas. Je suis la princesse de la Forêt des
Glycines et je suis venue jusqu'ici pour te dire que je veux t'épouser."
Gêné,
le jeune homme ne sait pas quoi répondre. Il sent les murs de sa
chambre qui se rétrécissent. Lui devient minuscule face à tant de
beauté. Il regarde désespérément son mobilier sans valeur. Il ne
possède même pas le moindre cadeau à offrir à la princesse en signe de
bienvenue... La seule pièce de valeur qui lui appartient est le jeu de
dominos en ivoire. C'est là sa seule richesse. Il le dépose aux pieds
de la jolie visiteuse qui se met à battre des mains de joie en ouvrant
la petite boîte laquée."Tu aimes
donc jouer aux dominos ?", demande-t-elle toute à la fois ravie et
surprise et tout aussitôt, elle dispose les pièces sur la petite table
et invite Wang à venir s'asseoir auprès d'elle pour disputer une partie.
Le jeune homme, bon joueur, a bien du mal à se concentrer. Son regard est sans cesse attiré par sa trop belle partenaire!
-"J'ai
gagné! ", s'exclame celle-ci peu après en arborant un très large
sourire. "Je dois reconnaître que je n'ai jamais affronté un aussi
redoutable adversaire. Lorsque nous serons mariés, nous nous mesurerons
chaque jour aux dominos! "
- "Donc... ", balbutie Wang avec beaucoup
d'efforts, "donc, vous parliez sérieusement lorsque vous disiez que
vous vouliez m'épouser? "
La princesse acquiesce en souriant et Wang ajoute d'un air désespéré :
-"Mais où irons-nous habiter? Je n'ai pas d'argent pour acheter une maison! "
La jeune femme claque des doigts et une servante entre et dépose aux pieds de Wang un coffret rempli de pièces en or.
-
"Tu devras attendre la prochaine pleine lune pour construire notre
maison", lui dit la princesse. "A ce moment, je reviendrai pour
célébrer nos noces. Aujourd'hui, je ne puis m'attarder davantage. "
Wang ne peut détacher ses yeux du coffret et des pièces. Il ne voit pas la princesse suivie de sa servante qui quitte la pièce.
Je
dois avoir rêvé pense Wang en regardant autour de lui. Non, le coffret
contenant les pièces d'or sont toujours devant lui et sa boîte de
dominos a disparu.- "Maman!", crie Wang "Je vais épouser une vraie princesse! "
Le jeune homme raconte à sa mère ce qui lui est arrivé.
-
"Mais tu as là un véritable trésor! " dit la veuve en contemplant le
coffret. "Jamais je n'ai vu autant d'argent de ma vie. Tu pourras
construire une splendide maison. Mais surtout obéit à la princesse : il
ne faut pas commencer la maison avant la prochaine pleine lune ! "Wang
est jeune. Il ne sait pas attendre et malgré les bons conseils de sa
mère, il se rend en ville dès le lendemain matin et y prend rendez-vous
avec le charpentier et le maçon en vue de construire une très belle
demeure pour lui-même et pour sa future épouse.
- "J'ai entendu
raconter que ton fils va épouser une princesse", marmonne un soir
l'usurier à la veuve. "Et où l'a-t-il donc trouvée? "
Mais la veuve, pinçant les lèvres, ne répond pas.
-
"Soit, si tu ne veux rien dire, garde-le pour toi", jette Yu, dévoré
par la curiosité. "Je me disais bien qu'il y avait quelque chose de
louche dans tout cela. C'est comme pour cet argent avec lequel il fait
construire cette grande maison. J'ai du mal à croire qu'il l'a gagné
honnêtement! "
- "Crois tout ce que tu veux", répond la mère de Wang.
Et, sans plus regarder le vieil homme, elle rentre chez elle.Le
temps passa encore. La construction de la nouvelle maison progresse. Un
jour, un jeune voyageur porteur des couleurs impériales arriva en ville.
-
"Mon nom est Yang", dit-il après avoir été saluer Wang et sa mère.
"J'ai appris que tu es un excellent joueur de dominos et je serais
heureux de pouvoir me mesurer avec toi."
Wang accepte l'invitation
avec plaisir et se rend plusieurs soirs consécutifs à l'auberge pour
jouer aux dominos avec l'étranger. Le cinquième soir, son nouvel ami
l'accueille le visage triste :
- "Il me faut m'en aller", dit-il "Comme souvenir, je désire te donner ceci. "
Et
le jeune homme tend à Wang une boite en bois de cèdre qui contient une
coupe en argent, quelques baguettes en ivoire et une précieuse figurine
de jade.Après le départ de Yang,
Wang se sent désemparé. Sa maison est prête et il attend avec
impatience l'arrivée de la princesse. Mais le seul nouveau venu dans la
ville est un riche seigneur qui, avec sa suite, s'installe à l'auberge
que Yang avait précédemment fréquentée.
Le lendemain matin, Wang est
réveillé de bonne heure par des éclats de voix : le noble seigneur a
été dévalisé de tout ce qu'il possédait.
- "J'ai vu le chef des voleurs", déclare une des voix.
- "C'est Yang, le commandant de la garde impériale", ajouta une autre.
-
"Yang! Je le connais bien! ", renchérit le vieux Yu. "Je l'ai vu très
souvent en compagnie de mon voisin Wang, celui qui est subitement
devenu si riche."
Peu après, le responsable de l'ordre surgit chez
Wang pour y effectuer une perquisition. Et, lorsqu'il découvre le
cadeau d'adieu de Yang, le malheureux est immédiatement emprisonné et
accusé de complicité.
- "Il est impossible que Yang soit un voleur!
", assure Wang lorsque le juge l'interroge. "Il portait les couleurs de
l'empereur."
Le juge se trouve bien embêté et ordonne que Wang soit transféré dans la capitale pour y être jugé.
-
"Mais vous, si vous l'avez accusé injustement", dit le juge à Yu, qui
avait assisté à l'audience d'un air triomphant, "vous serez emprisonné
à votre tour. "Le vieil usurier,
soucieux de ne pas courir un tel risque, se hâte d'entrer en contact
avec les quatre soldats chargés d'emmener Wang dans la capitale et,
pour une poignée de pièces d'argent, ceux-ci lui promettent de tuer le
jeune homme durant le trajet.
La route qui conduit à la capitale
traverse les montagnes et les ravins escarpés. Le chemin est long et
les gardes auront bien l'occasion de faire disparaître le prisonnier.
Au moment où ils s'apprêtent à pousser Wang dans un précipice, un
énorme tigre surgit. Effrayés par le félin, deux des hommes reculent et
tombent dans le ravin, tandis que les autres, sans demander leur reste,
prennent leurs jambes à leur cou et s'enfuient !
Wang est tombé
lourdement sur le sol. Son front a heurté un rocher. Il reste là,
étendu sans connaissance alors le tigre le saisit par la ceinture et
l'emporte dans la forêt.C'est un
parfum de glycines en fleurs qui pénètre dans ses narines, qui réveille
Wang. Il ouvre les yeux et se trouve dans l'herbe, face à un magnifique
palais de porcelaine, couvert de mauves corolles odorantes.
A
l'entrée du palais, se tient la jolie princesse. Mais son regard est
dur. Wang veut aller vers elle, mais, d'un seul geste, elle lui fait
comprendre de ne pas bouger et d'un ton sévère elle lui dit :
-
"Wang, tu ne m'as pas écoutée. Je t'avais demandé d'attendre la
prochaine lune avant de construire notre maison. Maintenant, le malheur
a fondu sur toi. Tu dois te rendre chez le juge, pour lui prouver ton
innocence sinon tu ne pourras plus jamais trouver le repos. Par la
suite, tu retourneras ensuite à Lu-Lung afin consoler ta pauvre mère
qui est malade de chagrin depuis le jour où les soldats t'ont emmené! "
Le
jeune homme est anéanti. C'est vrai, il aurait dû attendre la pleine
lune... Mais il était tellement impatient de la revoir et voilà qu'il
l'a retrouvée et qu'elle le renvoie !
- "Allons", dit-elle, "avant que tu ne partes, je vais te faire don d'un talisman. "
Elle prend une corde qu'elle noue avec soin à la taille de Wang. Et avec douceur, elle ajoute :
-
"Les nœuds que j'ai fait dans cette corde sont magiques. En cas de
besoin, il te suffit d'en défaire un et tu seras sauvé. Pars vite,
maintenant! "
Wang regarde tristement la princesse, désespéré de devoir la quitter. Dans un profond soupir, il s'en va vers la capitale.Le
sentier qu'il prend monte et descend sans cesse. Plusieurs fois, il
s'en faut de peu qu'il ne tombe en butant sur une pierre. Des branches
lui fouettent le visage et, bientôt, il se met à pleuvoir. Wang
poursuit courageusement sa route. La pensée de la jolie princesse lui
donne sans cesse de nouvelles forces. Il a déjà parcouru une bonne
partie du chemin, lorsqu'il débouche sur un plateau aride et désolé. La
pluie ne tombe plus. Derrière les sombres nuages, il peut même
apercevoir le soleil, dont les rayons éclairent sans l'égayer ce triste
paysage. Seuls quelques arbres tordus rompent, çà et là, cette lugubre
monotonie.
Soudain, un nuage de poussière masque l'horizon. Portant
la main au-dessus de ses yeux, Wang scrute le lointain. Très
rapidement, le nuage se transforme en une armée de cavaliers armés
jusqu'aux dents. Leurs armes scintillent sous le soleil. Ils arrivent à
toute vitesse dans sa direction... "Que va-t-il m'arriver, maintenant?
", pense Wang tristement. "N'ai-je pas encore subi assez de malheurs?
Ces hommes ont sûrement l'intention de m'attaquer. Lorsqu'ils
s'apercevront que je ne porte aucun objet de valeur, ils me tueront
probablement par dépit! "
Il n'a plus le temps de s'enfuir et puis, où se serait-il caché? Il n'y a rien que du roc et de la pierre.
Bientôt,
les cavaliers sont devant lui. Le chef de la troupe s'approche à
quelques mètres et Wang observe craintivement sa silhouette
impressionnante, fièrement campée sur sa monture et soudain, il le
reconnaît :
- "Yang! ", crie-t-il. "Yang, mon ami, est-ce vraiment toi?"
Il lui tend joyeusement la main pour le saluer. Un large sourire aux lèvres, Yang se pencha vers lui.
-
"Tu acceptes donc encore de me parler, Wang?", demande-t-il, tout
content. "Tu ne refuses pas de serrer la main à un voleur de mon
espèce? "
- "Je n'ai jamais pu croire à un pareil mensonge", répond Wang.
-
"Alors, laisse-moi te conter comment tout cela est arrivé", dit Yang en
serrant fermement la main du jeune homme en signe d'amitié. "Pendant
des années, j'ai vécu, à la cour, en tant que commandant de la garde
impériale, au sein d'un monde de faste et d'apparat. Mais aussi dans un
monde méprisable, comme je l'ai découvert plus tard car la plupart des
membres de la cour n'ont pas gagné leur fortune honnêtement.
Pendant
qu'ils parlent, les deux amis se tiennent toujours la main afin de se
témoigner leur confiance. Puis, Yang descend de sa monture et tous les
deux vont s'asseoir à l'écart. Yang poursuit :
- "La richesse dont
jouissent ces riches seigneurs, ils l'ont volée aux pauvres gens. Car
ils l'ont obtenue en imposant de très lourdes amendes pour de petits
délits et en exigeant d'importants fermages. "
Wang acquiesce. Il
connaît bien cette histoire... Depuis de longues années, la population
vit opprimée à cause des cruelles mesures adoptées par les grands
propriétaires terriens. De nombreux abus de cette espèce ont été commis
dans les environs du Lu-Lung. Certains paysans, incapables de payer le
fermage, envoient même leurs enfants mendier en ville.
- "C'est
pourquoi", poursuit Yang, après avoir fait signe à ses hommes de mettre
pied à terre pour se reposer un instant, "j'ai décidé que tout cela
devait changer. J'ai résolu de quitter la cour et de devenir l'un de
ces pauvres. Mais cela ne suffisait pas. J'ai alors réuni autour de moi
un groupe d'hommes qui pensaient comme moi. Ensemble, nous avons
commencé à voler les riches, répartissant ensuite notre butin entre de
misérables paysans. C'est ainsi que je suis devenu un voleur. "
- "Et donc, ce noble, à Lu-Lung...", commença Wang.
Mais son ami l'interrompt aussitôt :
-
"Voler ce noble faisait partie de mon projet. Il méritait bien une
petite leçon! Car, dans la région d'où il venait, tous les paysans
étaient complètement ruinés, tant les taxes qu'il leur imposait étaient
élevées. En plus, les terres qu'il leur avait données en fermage
étaient totalement incultes. Et, comble de malheur, le peu qu'elles
produisaient venait d'être anéanti par les fortes pluies du printemps
sans que lui-même veuille tenir compte de cette situation. Même lorsque
les paysans lui demandaient un délai, il ne leur montrait aucune pitié!
Tu comprends maintenant, pourquoi je lui ai dérobé ses biens? ",
demande Yang.
Wang acquiesce sans mot dire et son compagnon poursuivit :
-
"La prochaine fois que j'irai à Lu-Lung, ce sera pour Yu, l'usurier. Il
est temps qu'il soit puni pour exiger des intérêts abusifs des
malheureux qui, désespérés, ont recours à lui ou bien lui demandent de
pouvoir différer un remboursement...Mais, toi-même, raconte-moi ce qui
t'a conduit dans cette région inhospitalière."
En soupirant, Wang commence à expliquer son histoire :
-
"Un serviteur du noble que tu as dépouillé t'a reconnu lorsque vous
êtes entrés dans l'auberge, cette nuit-là. Et, l'usurier Yu, qui nous
avait souvent vus ensemble, s'est servi de ce prétexte pour me causer
une nouvelle fois des ennuis. Il s'était longtemps demandé comment
j'avais bien pu obtenir de l'argent pour construire une maison, puisque
ma mère et moi-même sommes pauvres, et il a saisi cette chance de me
nuire, m'accusant sournoisement de complicité pour ce vol. "
Wang
s'arrête quelques instants pour avaler une gorgée du vin de riz que lui
tend Yang. Il a la gorge sèche d'avoir tant marché et parlé. Puis, il
enchaîne :
- "Le responsable de l'ordre ne croyait pas que j'avais
quelque chose à voir dans cette sombre histoire, mais il s'est vu
obligé d'effectuer une perquisition chez moi et il a découvert dans ma
maison tes beaux cadeaux. C'était la preuve de ma culpabilité et il m'a
conduisit devant le juge. Evidemment, je lui ai raconté la vérité. Ce
n'étaient que des présents et que je les avais acceptés sans faire la
moindre objection, puisque je croyais que tu venais de la cour
impériale. N'osant pas trancher, le juge a décidé de m'envoyer dans la
capitale pour y être traduit en justice. Cependant, craignant que la
lumière ne soit faite sur toute cette affaire, le vieux Yu a soudoyé
les soldats chargés de me conduire en ville. Ces pauvres hommes, qui
avaient bien besoin d'un peu d'argent supplémentaire, ont promis à
l'usurier de se débarrasser de moi en cours de route. Seul le hasard a
permis que je sois sauvé de la mort par un tigre, apparu au moment où
ils voulaient me tuer. Et ce tigre m'a conduit auprès de la princesse
des glycines, qui m'a ordonné de me rendre en ville pour prouver mon
innocence. Voilà tout ! " dit Wang.
Et il ajoute piteusement :
-
"Je ne l'ai pas écoutée et, maintenant, elle est fâchée contre moi. Ah!
J'aurais dû attendre la pleine lune avant de commencer à construire
notre maison ... "
Yang a écouté attentivement le récit de son ami :
- "Si je comprends bien", dit-il, "tu es donc en route pour la capitale, où tu seras jugé par le juge suprême. "
Wang boit encore une gorgée de la bouteille de vin de riz pour se donner du courage.
- "C'est bien cela", opine-t-il en se levant pour se remettre en route.
Il tend la main pour prendre congé de Yang, mais celui-ci secoue la tête.
-
"Non, mon cher Wang", refuse-t-il paisiblement. "Je ne te laisserai pas
partir comme cela. Un ami aussi fidèle que toi a droit à mon aide. Le
voyage est encore long jusqu'à la ville et il est semé d'embûches! "
Et
c'est ainsi que Wang parcourt le reste du chemin sous la protection des
hommes de son ami Yang, qui le suivent à quelque distance.Peu après, il atteint sans encombre la capitale et va aussitôt se présenter au palais de justice.
-
"Je suis Wang et je viens de Lu-Lung", déclare-t-il, une fois mis en
présence du juge suprême. "Je suis venu jusqu'à vous pour prouver mon
innocence. "
- "Et où sont les soldats qui t'ont conduit ici? ", demanda le juge.
- "Deux d'entre eux ont pris la fuite à la vue d'un tigre", explique Wang. "Et les deux autres sont tombés dans un ravin. "
Comme le juge continue à le regarder d'un air interrogateur, Wang lui raconta toute son histoire.
-
"Tu veux me dire que tu es venu sans escorte et de ton plein gré? ",
s'exclame le juge, étonné, lorsque Wang termine son récit. "Mais tu
aurais pu facilement t'échapper! "
Wang sourit :
- "Je suis
innocent", assura-t-il. "Mais il y a des gens qui affirment le
contraire. Ils prétendent que je suis complice d'un vol. Et je n'ai
nulle envie de passer pour un malhonnête. C'est pourquoi je suis venu
jusqu'à vous. Je veux prouver ma bonne foi! "
Tout en parlant ainsi,
Wang joue machinalement avec la corde nouée à sa taille. Sans même s'en
apercevoir, il défait un des nœuds.
Au même moment, le juge suprême déclara :
-
"Même sans preuve, je suis convaincu de ton innocence, Wang. En effet,
seul un homme à la conscience bien tranquille se présente de lui-même
devant le juge sans y être contraint par la force. "
Il va ensuite chercher un morceau de parchemin et écrit en termes choisis une déclaration attestant de l'innocence du prévenu.
- "Et voilà! Tout est en ordre, Wang", conclut-il en lui serrant la main. "A partir de cet instant, tu es un homme libre. "
Soulagé,
Wang quitte le tribunal. A présent, il doit retourner à Lu-Lung pour
rassurer sa mère qui l'attend à la maison. Et ensuite... Il ose à peine
y penser, de peur que quelque chose tourne de nouveau mal. Mais il
espère de tout son coeur qu'il pourra épouser la très jolie princesse
des glycines!Serrant dans sa main
la déclaration du juge, Wang entame le pénible voyage de retour. Plus
il approche de sa petite ville natale, plus il marche allègrement. Il
lui semble que toute fatigue l'abandonne ! Déjà, il aperçoit les
premières maisons de Lu-Lung. Au milieu de celles-ci, se trouve celle
de sa mère. A cette pensée, il se met à courir à perdre haleine, tant
il a hâte de rentrer chez lui!
- "Maman! ", crie-t-il en se précipitant dans l'humble demeure. " Je suis là! "
La
pauvre veuve a beaucoup maigri depuis le départ de son cher fils. Ses
yeux sombres brillent fiévreusement dans sa figure pâle et ses mains
tremblent. Mais, lorsqu'elle voit entrer Wang sain et sauf, un sourire
rayonnant apparaît sur son visage aux traits fatigués et elle tend les
bras pour accueillir son enfant bien-aimé.
Puis, les premières
effusions passées la veuve lui pose mille et une questions, auxquelles
Wang répond patiemment, jusqu'à ce que l'heure de se coucher arrive. La
mère et le fils se souhaitent tendrement le bonsoir.Mais,
non loin de là, quelqu'un va, au contraire, passer une nuit fort
agitée. C'est l'usurier Yu, brutalement tiré de son sommeil par une
voix mystérieuse, qui lui dit :
- "Donne-moi les clés de ton coffre. Et pas un mot si tu tiens à la vie! "
Tremblant
de tous ses membres, le vieillard remet le trousseau à Yang - car c'est
lui qui a pénétré chez l'usurier avec ses hommes -et, quelques instants
plus tard, Yu regarde d'un air furieux son coffre- fort complètement
vide...
Pendant ce temps, Wang dort paisiblement. Lorsqu'il se
réveille, il aperçoit sa mère qui le contemple, un étrange sourire sur
les lèvres.
- "Il y a de la visite pour toi", annonce-t-elle.
Au même moment, le jeune homme sent le parfum qu'il attendait tant, le doux parfum de glycine...
Peu de temps après, les noces de Wang et de sa jolie princesse sont célébrées dans l'allégresse.Le temps passe.De
cette heureuse union, naissent rapidement deux charmants enfants, qui
ont les yeux mauves comme ceux de leur mère. Wang ne est tellement
heureux qu'il ne peut imaginer qu'un tel bonheur soit possible Et par
soir d'hiver, un triste soir d'hiver, le jeune homme, en revenant de
son travail, voit sa femme qui l'attend sur le seuil de leur maison.
Elle a revêtu le kimono qu'elle portait lors de leur première rencontre
et qu'elle n'avait plus jamais remis depuis.
Wang se doute une
tragique certitude que quelque chose d'horrible, de grave,
d'irréparable va se produire. Quelque chose d'inévitable qui va
bouleverser sa vie...
- "Nul bonheur ne peut jamais durer
éternellement", dit la princesse, sans lui laisser le temps de parler.
"Ma vie sur la Terre est terminée. Je suis obligée de te quitter, mais
je ne t'oublierai pas. "
L'instant d'après, elle disparaît emportant avec elle les enfants.
- "Non! ", hurle Wang.
Mais
aucun son ne sort de sa bouche. Les larmes aux yeux, il regarde autour
de lui. Et, soudain, par un miracle inexplicable et malgré le froid de
l'hiver, partout, des glycines se mettent à fleurir. Les lourdes
grappes sont du même mauve que les yeux de sa femme et de ses
enfants... Et lorsqu'il pénètre dans sa maison, il découvre avec
bonheur que le plafond de la véranda, lui aussi, est paré d'un
somptueux manteau odorant!
Wang malgré son immense chagrin sent que
sa princesse tant aimée et ses chers enfants ne l'ont pas vraiment
quitté, et que leur esprit et leur coeur demeurent à ses côtés. Et,
dans chaque corolle, il voit briller leur tendre regard mauve, qui le
suit et veille sur lui. Et il en est un peu consolé!
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Rita-kazem

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La victoire de Huangdi

Message par Rita-kazem le Mer 14 Avr - 23:26

La victoire de Huangdi














La
Civilisation Chinoise a pris sa source dans le bassin du Fleuve Jaune.
Irrigué par ce fleuve puissant et ses innombrables affluents, ce bassin
est depuis l’Antiquité une région très fertile. Sur les deux rives du
fleuve s’étendent de grandes plaines cultivées, des forêts touffues et
des pâturages verdoyants. Le climat était alors plus humide
qu’aujourd’hui. On trouvait toutes sortes d’animaux et même des
éléphants.Les ancêtres des Chinois
chassaient, faisaient paître leurs troupeaux et cultivaient la terre.
Courageux et intelligents, ils vivaient heureux et prospères. La Chine
et son peuple étaient gouvernés en ce temps-là par l’Empereur Huangdi
(l’Empereur Jaune), l’un des ancêtres de notre nation. En fait, c’était
aussi un Dieu intelligent et courageux.Outre
sa demeure céleste. Huangdi avait aussi une capitale sur Terre, dans
les monts Kunlun de la Chine occidentale. Là s’élevaient de magnifiques
Palais et de splendides jardins suspendus. L’Empereur se nourrissait du
meilleur riz et buvait l’eau claire de l’Etang de Jade.Huangdi
avait une physionomie particulière. Avec ses quatre visages, il était
capable de regarder en même temps dans toutes les directions. Ainsi
pouvait-il observer le monde entier et diriger facilement son peuple.Ordinairement
Huangdi habitait dans sa demeure céleste ou dans ses Palais
occidentaux. Cependant préoccupé par la vie de son peuple, il venait
souvent sur Terre pour lui venir en aide.En
ces temps reculés, bateaux et véhicules n’existaient pas. Aussi ne
pouvait-on traverser fleuves et rivières, et les habitants de chaque
rive ne se fréquentaient guère. De même, sans véhicules, les gens
devaient voyager à pied et ne pouvaient pas aller très loin. Huangdi
leur apprit à couper de grands arbres et à en évider le tronc pour
fabriquer des bateaux. Il leur apprit aussi à fabriquer des véhicules à
deux roues qui pouvaient parcourir une centaine de li par jour. Les
moyens de transport du peuple se virent ainsi grandement facilités.A
cette époque, on n’avait pas non plus de méthode pour désigner les
années. On savait seulement que la température alternait du chaud au
froid et vice versa, que les hommes naissaient, grandissaient et
mouraient, sans jamais connaître leur âge. Huangdi désigna alors les
années selon un cycle sexagésimal, par la combinaison des dix Troncs
célestes avec le douze Rameaux terrestres. Ainsi naquit la chronologie
primitive. Elle s’avéra très utile pour la vie quotidienne du peuple et
la production.Huangdi demanda
également à ses fonctionnaires Can Jie et Ling Lun de créer les
idéogrammes et d’élaborer une échelle musicale à douze notes. Avec Qi
Bo, Huangdi écrivit le Huangdi Neijing (Classique de l’Interne),
premier traité de médecine chinoise. Huangdi apprit aussi aux hommes
l’architecture et l’utilisation d’ustensiles ménagers. De fait, Huangdi
était bien différent des autres Empereurs soi-disant Fils du Ciel se
succédant depuis l’Antiquité.Dans
le monde, il y a toujours eu de bonnes et de mauvaises gens. Une année,
dans le sud de la Chine, le démon céleste Chiyou fit son apparition.
Chiyou avait une tête humaine, quatre yeux, six bras et des sabots de
boeuf. Contrôlant le sud, il se livrait à tous les crimes
inimaginables. Ses quatre vingt un frères et ses serviteurs étaient
aussi cruels que lui.Chiyou s’était
d’abord emparé des terres du sud grâce à ses complicités. Exploitant le
peuple, lui et ses comparses abusaient tyranniquement de leur pouvoir.
Puis leur ambition grandit et ils attaquèrent le nord. Partout sur leur
passage, hommes, femmes, vieillards et enfants étaient massacrés sans
pitié, le bétail pillé, les maisons et les récoltes détruites. Là où
Chiyou passait, l’herbe ne repoussait pas.Lorsque Huangdi prit conscience de la situation, il décida de mettre fin à ces carnages et de tuer Chiyou...Chiyou
et ses complices occupaient alors la région de Zhuolu, au nord du
Huanghe. Huangdi conduisit sans attendre ses armées à l’attaque.
L’Empereur avait à ses ordres des généraux intrépides, comme le général
Zhao Ying, chargé spécialement de la garde du jardin de Huangdi.C’était
un dieu céleste à visage humain, corps de cheval et peau de tigre. Il
était très vaillant et portait aussi deux ailes sur son dos qui lui
permettaient de voler comme un oiseau.Le
général Li Zhu, chargé, de la garde de l’arbre aux fruits de jade,
avait trois têtes et un regard perçant qui ne laissait rien échapper.
Il pouvait garder les yeux ouverts jour et nuit. Personne ne pouvait
l’approcher.Il y avait aussi
d’autres généraux, comme Chi Gou, Xiang Wang, Shen Tu, Yu Lei, ainsi
que le fils de Huangdi, Miao Long, et son petit fils Shi Jun. Chacun
détenait un pouvoir magique différent. Pour lutter contre Chiyou et ses
complices, Huangdi demanda encore l’aide d’un grand nombre d’ours, de
lions et de tigres.Cependant,
Chiyou n’était pas disposé à reculer. Chaque côté combattait avec
acharnement. La plaine de Zhuolu était noyée dans la poussière et le
ciel semblait devoir s’écrouler à tout moment.A
la suite d’une contre-attaque vigoureuse des armées de Huangdi, Chiyou
et ses complices furent obligés de reculer. C’est alors que Chiyou
brisa l’encerclement, ouvrit son énorme bouche en levant la tête, et
cracha une brume épaisse.En un clin
d’oeil, le brouillard couvrit toute la plaine. Le ciel s’obscurcit et
la terre plongea dans les ténèbres. Les armées de Huangdi se trouvèrent
désorientées.Huangdi fit appeler à
la hâte son fonctionnaire Feng Bo qui contrôlait le vent céleste.
Celui-ci ouvrit tout grand son sac de vent. La tempête souffla trois
jours et trois nuits. mais le pouvoir de Chiyou était très grand, le
brouillard très épais, et le vent, aussi fort fût-il, ne put le
disperser. Les armées de Huangdi se déplaçaient tout le temps et
hésitaient sur le chemin à prendre. La situation devenait grave.Huangdi
mit alors à profit ses connaissances astronomiques. Sachant que la
Grande Ourse était toujours orientée dans la même direction, il inventa
un char capable d’indiquer à tout moment le chemin à suivre. Une
figurine en bois s’y tenait debout et, quelle que soit la direction
prise, le bras droit de la statue indiquait toujours le Sud. Grâce à ce
char, les armées de Huangdi purent se diriger dans la brume épaisse et
briser l’encerclement ennemi.Chiyou
commença à paniquer. Pour contre-attaquer les troupes de Huangdi sans
leur laisser le temps de se ressaisir, il envoya contre elles les
démons de la forêt et des montagnes, Chi Mei et Wang Liang. Chi Mei
était un démon à figure humaine et à corps d’animal. Il poussait des
cris terribles. Wang Liang était un nain aux longues oreilles, avec des
yeux rouges, de longs cheveux et une peau noire et rouge. Il était
horrible à voir.Mais Huangdi
connaissait leur faiblesse : Ils craignaient le cri du Dragon. Alors
Huangdi demanda à ses armées de souffler dans des trompes imitant le
cri du Dragon. les démons n’osèrent pas s’approcher.Comment
vaincre Chiyou ? Huangdi eut l’idée de fabriquer un immense tambour
pour soutenir le moral de ses armées. Il savait que dans la Mer
Orientale se dressait le Mont Liupo. Là vivait la bête Kui.Kui
ressemblait à un énorme boeuf sans corne à la peau brune. Il avançait
en sautillant sur son unique patte. Quand il sortait de la mer, une
bourrasque s’élevait et une pluie torrentielle s’abattait sur les
flots. Son cri ressemblait au tonnerre et ses yeux brillants lançaient
des éclairs.Avec la peau de Kui et
les os du démon de la foudre, on fabriqua un énorme tambour et des
baguettes. Quand on battait le tambour, la terre et les montagnes
tremblaient. On pouvait l’entendre à cinq cents li à la ronde.Le
combat reprit. On frappa le tambour, et la terre et les montagnes
frémirent. Les troupes de Huangdi se jetèrent sur l’ennemi. Devant
l’attaque soudaine des armées de Huangdi, les troupes de Chiyou furent
frappées de stupeur et n’osèrent plus avancer. Obligé d’aller de
l’avant, Chiyou se trouvait dans l’impasse. Alors il arma ses six mains
de deux lances, deux arcs et deux épées, et ses deux pieds de lances.
Il était si féroce que personne ne pouvait l’approcher.Après
neuf assauts consécutifs, Huangdi n’était toujours pas arrivé à le
vaincre. Il décida alors d’appeler Ying Long à la rescousse. Yin Long
était un grand animal qui pouvait faire jaillir des trombes d’eau de sa
bouche et renverser d’un seul coup de queue des milliers de soldats
ennemis. Il se plaça devant les troupes de Chiyou, ouvrit toute grande
sa bouche et lança sur elles des flots tumultueux.Chiyou
et ses soldats ne pouvaient plus tenir debout. Mais Chiyou avait le
pouvoir d’invoquer la pluie et le vent. Il monta au ciel et poussa un
cri qui souleva un ouragan. Une pluie torrentielle s’abattit sur les
armées de Huangdi. Empêtrés dans la boue, les soldats étaient en
mauvaise posture. Huangdi dut faire appel à sa fille Nü Ba des monts
Xikunzi.Nü Ba était la Déesse de la
sécheresse et elle pouvait faire cesser cette pluie. Partout sur son
passage, elle dégageait une chaleur brûlante, dispersait les nuages et
arrêtait la pluie. En temps ordinaire, Huangdi la consignait dans les
monts Xikunzi du Nord-Ouest et lui interdisait d’en sortir. Cette
fois-ci, elle put utiliser sans restriction son pouvoir magique.Elle
s’infiltra dans les troupes de Chiyou, et la chaleur de son corps brûla
Chiyou et ses soldats. Paniqué, Chiyou recula à la hâte. Profitant de
cette occasion, Huangdi avança à la vitesse de l’éclair et trancha la
tête de Chiyou d’un seul coup.Le
combat était terminé. Huangdi avait remporté la victoire finale. Chiyou
mort, son corps disparut. Il ne resta plus sur la terre qu’une immense
tête, avec une bouche ouverte comme l’entrée d’une caverne. Cette tête
rappela à Huangdi que le démon Chiyou s’appelait aussi Tao Tie, ce qui
signifie "le sanguinaire".
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Le coq et le canard

Message par Rita-kazem le Mer 14 Avr - 23:27

Le coq et le canardUn
jour un coq et un canard allèrent se promener au bord du fleuve. Tout
en marchant, le coq se vantait de sa beauté. Il se moquait du canard : - Avec tes pattes qui ressemblent à des feuilles d’arbre et ta démarche dandinante, ah ! ridicule ! Le canard répondait : - Tu as une paire d’ailes magnifiques ! Avec elles, tu peux voler et haut !Le
coq ne voulait pas avouer sa faiblesse. Il prit son élan, afin
d’atteindre l’autre rive du fleuve, et de montrer ainsi ses capacités.
Au beau milieu du fleuve, il tomba. Comme il ne savait pas nager, il
sombra, coula, criant :- Au secours !Le canard vint à sa rescousse. Alors, il lui dit : - C’est grâce à ces vilaines pattes que je t’ai sauvé. Le coq resta coi, rougit de honte. Depuis lors, les coqs n’osent plus se vanter, et ont la crête rouge.
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Le cruel empereur ou la femme fidèle

Message par Rita-kazem le Mer 14 Avr - 23:28

Le cruel empereur ou la femme fidèle












La
famille Meng habitait juste à côté de la famille Djang. Leurs jardins
se touchaient et seul un mur de pierre les séparaient. Une année, les
Meng plantèrent une courge le long du mur. Les Djang de leur côté
plantèrent eux aussi une courge le long du mur. Les plantes grandirent,
se développèrent et grimpèrent dans les interstices des pierres pour
arriver au sommet où elles se rencontrèrent et ne formèrent plus qu’une
seul et même plante.
La floraison fut magnifique et d’une fleur
naquit un fruit exceptionnellement gros. Arrivé à maturité, d’un joli
jaune d’or, la famille Meng décida de le cueillir. La famille Djang eut
la même idée. Uns querelle s’ensuivit entre ces deux familles qui
avaient vécu en bonne intelligence depuis des années. Pour venir à bout
de cette querelle, les deux familles décidèrent finalement de la couper
en deux parties égales. Lorsque la courge fut coupée, quelle ne fut pas
la surprise des Meng et des Djang de voir en son cœur une adorable
petite fille. Les deux familles décidèrent de l’élever en commun et
elle recu le nom de Meng Djang.Cette
histoire se déroulait pendant le règne de l’empereur Shihuang resté
célèbre par son injustice et sa cruauté. Il vivait dans la crainte des
Huns des envahisseurs qui ne lui laissaient pas de répit et entraient
toujours par le Nord du pays. Las de ses invasions incessante,
l’empereur décida de construire un mur tout le long de la frontière
Nord de la Chine. Hélas ! les architectes n’étaient guère brillants et
à peine avait-on terminé une partie du mur qu’une autre s’écroulait.
Les années passaient et jamais le mur n’était terminé.Un
jour, un sage du royaume vint trouver l’empereur et après s’être
incliné respectueusement devant lui il dit : " Sire, on ne peut
construire un mur devant s’étendre sur dix mille lieues de longueur
sauf si dans chaque bloc d’une lieue on enferme un homme. L’esprit de
l’homme veillera alors sur ce bloc et le mur deviendra indestructible.
" L’empereur qui ne se souciait guère de son peuple trouva l’idée
excellente et suivit l’idée pleine de sagesse de son sujet. Dans chaque
région, chaque ville, chaque maison, ce fut l’horreur. Des hommes, des
jeunes filles, des garçonnets furent saisis et emmurés vivants.Un
autre sage du royaume vint trouver l’empereur et après s’être incliné
respectueusement devant lui il dit : " Sire, votre façon d’utiliser le
peuple pour édifier votre mur terrifie le pays en entier. Il se
pourrait que le peuple se révolte avant même que le mur ne soit
terminé. Il se fait qu’un homme nommé Wan demeure pas très loin du
palais. Wan signifie dix mille. Prenez cet homme car à lui seul il
suffira pour les dix mille lieues car wan – dix mille – est son nom. "
L’empereur se réjouit de cette sage parole et ordonna d’aller chercher
Wan et de le conduire au mur. Lorsqu’il l’apprit Wan s’enfuit.Il
courût fort longtemps et arriva bientôt en vue d’un splendide jardin
séparer par un mur de pierres. Au milieu du jardin, il trouva un grand
bananier qui devint sa cachette. Un soir alors que la lune était
pleine, la belle Meng Djang, devenue une superbe jeune femme, descendit
dans le jardin. Wan l’aperçut et en tomba éperdument amoureux. Il
descendit de sa cachette et lui demanda de devenir sa femme. Meng Djang
accepta et ils se marièrent dès le lendemain.Ils
étaient en train de fêter joyeusement leurs noces lorsque les soldats
de l’empereur firent irruption dans le jardin et s’emparèrent de Wan
qu’ils emmenèrent près du mur. Meng Djang resta seule et profondément
malheureuse. Son union fut de très courte durée et pourtant elle
pensait à lui avec nostalgie et sentait au fond de son cœur un amour
sincère, véritable et immense. Désespérée, elle décida de partir à la
recherche du corps de son époux. Elle affronta les éléments : la pluie,
la neige , les brûlures du soleil. Elle passa à travers les plaines et
les montagnes, les fleuves et les lacs et parvint au prix de grandes
souffrances et de fatigues au pied du mur. Devant son immensité, elle
se demandait comment retrouver les restes de son époux. Elle s’assit
sur une pierre et se mit à pleurer. Le mur fut ému par ce chagrin et il
s’écroula laissant apparaître les os de Wan.L’empereur
ne fut pas long à apprendre ce qui était arrivé à son mur et l’histoire
de la femme qui avait cherché son époux par monts et par vaux. Il vint
en personne voir Meng Djang et lorsqu’il s’aperçût de sa beauté, il lui
demanda de devenir l’impératrice. Meng Djang savait qu’elle ne pouvait
résister à la volonté de l’empereur. Elle posa diverses conditions pour
cette union : une fête des morts de quarante-neuf jours devait être
célébrée à la mémoire de son époux, l’empereur et les tous les
fonctionnaires devaient prendre part aux funérailles, une terrasse
devait être construite sur les rives du fleuve car elle voulait offrir
les sacrifices aux morts en souvenir de son époux défunt. L’empereur
accéda à ses demandes car il souhaitait vivement qu’elle devienne son
épouse.Lorsque la terrasse fut
prête, Meng Djang monta sur la terrasse et maudit à haute voix
l’empereur Shihuang d’avoir été si cruel et si injuste. L’empereur
contint sa colère et ne dit rien. Les sujets qui entendaient ses
paroles étaient stupéfaits mais au fond d’eux ils trouvaient que les
paroles de Meng Djang étaient justes. Lorsqu’elle eût terminé sa
tirade, Meng Djang plongea du haut de la terrasse dans le fleuve.
L’empereur entra dans une colère terrible et il ordonna à ses soldats
de repêcher son corps et de le couper en petits morceaux. Lorsque les
soldats l’eurent fait, tous les morceaux se transformèrent en poissons
d’or et en ceux-ci l’âme de la fidèle Meng Djang continue à vivre pour
toujours.
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Le miroir des fées célestes

Message par Rita-kazem le Mer 14 Avr - 23:29

Le miroir des fées célestes













Avez-vous
déjà entendu parler du palais de Brocart ? Mais si, bien sûr, c'est le
palais des deux fées célestes qui tissent tout le long du jour, les
nuages, pour l'empereur du Ciel. Vous vous tromperiez bien si vous les
croyiez heureuses de leur sort car les deux fées s'ennuient à mourir
dans leur palais. Un jour d'ailleurs, elles se sont sauvées. Écoutez
plutôt... Ce jour-là, c'était
l'anniversaire de l'empereur du Ciel et tous ses serviteurs étaient
occupés aux préparatifs d'un grand festin. Les employés célestes
s'amusaient dans les salles impériales et la garde de la porte du Sud,
celle par laquelle on descend sur la terre, buvait joyeusement à la
santé de l'empereur et sombrait peu à peu dans une somnolence béate.
Les deux fées célestes étaient restées seules. Dans
leur merveilleux palais, elles s'ennuyaient de vivre constamment dans
la béatitude, de boire tous les jours du nectar et de tisser tous les
jours un nuage en forme d'enclume et sept nuages blancs moutonneux.
Leurs jours se ressemblaient comme un neuf ressemble à un autre neuf et
nos deux fées s'ennuyaient, s'ennuyaient à mourir. «
Tu sais, petite sœur, » soupirait la plus jeune, « je préférerais m'en
aller et descendre sur la terre plutôt que de continuer à m'ennuyer
ici. Les hommes ne connaissent pas leur bonheur ! Tant de travail, et
toujours du nouveau, ça me plairait tellement ! » «
A moi aussi, » continua l'aînée, « et si tu voyais leurs montagnes et
leurs rivières qui serpentent ! Que c'est beau ! Rien de pareil dans ce
palais ennuyeux. Et si nous nous sauvions ? » Le
chemin n'est pas long de la pensée à l'acte. Les deux fées célestes se
mirent en route et, sur la pointe des pieds, tout doux, tout doux,
elles se faufilèrent jusqu'à la porte du Sud qui conduisait à la terre.
Les gardes dormaient profondément. Les deux jeunes filles se glissèrent
dehors furtivement. « Maintenant,
petite sœur, » proposa la cadette, « nous allons nous séparer. Tu iras
vers le Sud, et moi vers le Nord. Et lorsque nous aurons trouvé un être
en détresse, nous resterons pour l'aider. » Ainsi
se séparèrent les deux fées. Et tout se passa comme l'avait dit la plus
jeune. Toutes deux rencontrèrent deux vieilles femmes solitaires et
usées et restèrent à les aider. Bientôt, elles perdirent leur teint
transparent et devinrent toutes roses. Elles se plaisaient beaucoup sur
la terre. Jamais plus elles ne pensaient au ciel. Mais
rien n'est éternel, hélas. Cent ans avaient passé sur la terre, cent
ans, ce qui fait exactement sept jours au ciel. Les festivités avaient
pris fin et l'empereur Céleste commença à chercher les deux jeunes
filles. Mais en vain, elles étaient introuvables. « Où sont-elles donc
passées, » gronda l'empereur. «Voilà un moment qu'il n'a pas plu et
j'aurais besoin qu'on me tisse au plus vite un nuage d'orage. » Et
l'empereur fit chercher les deux fées. Les serviteurs revinrent bientôt
pour lui apprendre que la porte du Sud était ouverte et que les deux
jeunes filles s'étaient probablement sauvées. C'est
un comble ! » s'écria l'empereur. «Qu'on me les ramène au plus vite !
Sinon, j'enverrai sur la terre une sécheresse abominable ! » Alors
les messagers célestes descendirent sur la terre à la recherche des
deux fées. Ils les trouvèrent enfin. Mais les jeunes filles ne
voulaient pas rentrer. Pourtant, il fallut bien se rendre ! Pouvait-on
désobéir à un ordre de l'empereur du Ciel ? Tête baissée, les yeux
pleins de larmes, les deux fées reprirent le chemin du ciel. En arrivant devant la porte du Sud, la plus jeune dit :
«Petite sœur, je crois que je mourrai de regret si je ne peux plus regarder le monde en bas ! » L'aînée hocha la tête en soupirant, puis elle dit :
«J'ai une idée. Jetons nos miroirs. Ainsi, quand nous regarderons en bas, nous y verrons se refléter le monde entier. » Alors
les deux jeunes filles sortirent leurs miroirs de leurs larges manches
et les jetèrent en bas. Les miroirs descendirent en scintillant, ils
tournoyèrent un instant avec de petits sifflements et tombèrent sur la
terre où ils se transformèrent en deux lacs enchantés dont les eaux
limpides reflétaient les montagnes, les forêts, les collines et les
hommes. Et savez-vous où sont ces deux lacs ? L'un est en Chine, c'est
le Grand Lac Occidental, et l'autre au Vietnam, à Hanoi.
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Le rêve de Tao

Message par Rita-kazem le Mer 14 Avr - 23:30

Le rêve de Tao












Dans
un petit village de Chine, pas très loin de le ville de Nankin, vivait
un jeune homme du nom de Tao. Il était très pauvre mais malgré sa
pauvreté, il était de nature généreuse et toujours prêt à aider son
prochain. Personne ne s’adressait jamais à lui en vain.
Un jour,
alors que le soleil brillait déjà très haut dans le ciel, Tao, qui
dormait sur une paillasse à l’ombre d’un arbre, fut réveillé assez
brutalement par un inconnu. Surpris, il ouvrit les yeux et vit devant
lui un homme tout de gris vêtu.
"Réveille-toi, Tao", lui dit l’inconnu. "La reine t’attend ! "
"La reine ?", s’étonna Tao. "Mais je ne connais pas de reine !"
"Elle, en revanche, te connaît", poursuivit l’homme en gris, "Et elle m’a envoyé te chercher de toute urgence.Viens, suis-moi !"
"Mais qui êtes-vous donc ?", demanda Tao au messager. "Je ne vous ai jamais vu !"
L’inconnu haussa les épaules :
"A
quoi cela pourrait-il t’avancer de m’avoir déjà vu et de savoir qui je
suis ? La reine a besoin de ton aide. Tu. es bien Tao, celui qui ne
refuse jamais son aide à personne ?"
Tao n’osa plus poser de question. Il replia rapidement sa paillasse et suivit l’inconnu.
Ils
marchèrent un long moment et à l’instant où il croyait atteindre les
dernières maisons du village, il découvrit devant lui une ville immense
dont toutes les maisons, massées les unes contre les autres,
présentaient une forme assez étrange, qui lui sembla vaguement
familière.
L’inconnu pénétra dans l’une d’elles, plus vaste et somptueuse que les autres. Tao le suivit.
Ils
arrivèrent dans une salle immense, où une femme de très belle était
assise sur un trône majestueux. Elle portait dans les cheveux un
diadème, qui scintillait de mille feux.
"Merci d’être venu" murmura-t-elle. "Mon royaume court un grand danger et tu es le seul à pouvoir le sauver."
Tao se courba dans un profond salut.
"Ce sera un honneur pour moi, Votre Majesté", balbutia-t-il.
"Je
vais te présenter à ma fille" poursuivit la reine d’une voix douce. "Je
considère tous mes sujets comme mes propres enfants, mais je tiens à ma
fille bien plus qu’à moi-même."
Tao crut entendre des milliers de clochettes d’or, et une jeune fille, également très belle entra dans la pièce.
Son
visage était pâle comme le lys et ses cheveux de jais coulaient en
cascade le long de son dos. L’air infiniment triste, elle alla
s’asseoir à côté de la reine, sur une chaise en or.
A peine venait-elle de s’installer qu’une dame de la cour entra, toute essoufflée en hurlant :
"Le Monstre ! Le Monstre !"
La reine se leva.
"Voilà
le malheur dont je viens de te parler. je t’en supplie, Tao, aide ma
fille. Elle a pour mission de reconstruire une capitale mais sans toi,
jamais, elle n’y parviendra."
Tao, sans hésiter une seconde, prit la jeune fille par la main et, ensemble, ils quittèrent le palais discrètement.
Pendant
des heures, ils coururent sans prendre le temps de retrouver leur
souffle. Ils empruntèrent mille et une petites rues tortueuses et
parvinrent finaleement dans le village de Tao. Là, ils purent souffler
un peu.
"Comme il fait calme, ici", soupira Fleur de Lotus, car c’est ainsi que la jeune princesse s’appelait.
"Nous sommes loin de tout une danger, à présent, dit Tao".
"Où allons-nous bâtir la nouvelle capitale, demanda la princesse ?"
"Une
capitale ?", demanda Tao, qui n’avait pas très bien compris lorsque la
reine lui parlait dans son palais. "Mais je ne pourrai jamais
construire une capitale. C’est impossible ! Je ne suis qu’un pauvre
paysan. Je n’ai ni pouvoir ni argent."
La princesse le regarda et de grosses larmes roulèrent sur ses joues.
"Mais
tu es pourtant bien Tao, celui qui est toujours prêt à aider son
prochain", gémit-elle. "Toi seul est capable de le faire..."
"Non, je... ", s’apprêtait-il à dire lorsqu’il s’éveilla.
Il
avait dû dormir longtemps, car le soleil se trouvait maintenant fort
bas sur l’horizon. Bien qu’éveillé, Tao entendait encore la voix
suppliante de Fleur de Lotus qui semblait s’éloigner.
En vérité, c’était un essaim d’abeilles. Elles semblaient perdues et tournaient en tous sens autour des fleurs du jardin.
"Pauvres bêtes", pensa Tao. "Elles n’ont pas de ruche ! Je vais leur en faire fabriquer une."
Et il se rendit immédiatement chez un charpentier.
Je
me demande d’où peuvent bien venir toutes ces abeilles ?, pensa-t-il,
lorsqu’il vit que les insectes acceptaient avec empressement leur
nouveau refuge.
Il partit se promener dans le village. Arrivé à hauteur de la dernière maison, il découvrit dans un jardin une ruche abandonnée.
"J’ai trouvé des abeilles chez moi", dit-il à l’homme qui vivait là. "Ne sont-elles pas à vous ?"
"C’est possible", répondit l’homme.
"Elles ont dû fuir", ajouta-t-il en ôtant le couvercle de la ruche.
Comme il se penchait, il y découvrit un serpent :
"Oh ! Le monstre de mon rêve ... !", se dit-il.
De
retour chez lui, Tao installa dans son jardin toute une série de belles
ruches semblables. De tous les côtés des abeilles arrivèrent. Elles se
mirent à butiner ses fleurs et lui offrirent tellement de miel en
échange de sa protection que Tao, le généreux, devint bientôt riche.
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Le roi des singes

Message par Rita-kazem le Mer 14 Avr - 23:30

Le roi des singes















Il
y a longtemps, en haut de le Montagne aux Mille Fleurs, il y avait un
rocher magique, qui se cassa un jour et donna naissance à un oeuf de
pierre. Et de l'oeuf sortit le Singe de Pierre, qui alla vivre avec les
autres singes.Un jour, les singes
trouvèrent une cascade, et aucun d'entre eux n'eut le courage de passer
derrière pour explorer, sauf le Singe de Pierre. Et il y trouva un pays
merveilleux. Les singes vinrent y vivre et nommèrent le Singe de Pierre
roi des singes, par reconnaissance. mais un jour, il s'inquiéta de la
mort, et décida de partir en quête de l'immortalité. Il
voyagea pendant dix ans, et finit par arriver en radeau sur un rivage
où vivait un sage qui connaissait le secret de l'immortalité, et il se
fit accepter comme disciple du patriarche Sudobhi, qui lui donna le nom
de Sun Wu-k'ung, le singe qui comprend la vacuité. Grâce à sa très
grande intelligence, il apprit rapidement les secrets de Sudobhi, les
soixante-douze transformations, et comment voler dans les airs sur les
nuages, et enfin le secret de l'immortalité. Mais le singe se vantait
de son savoir auprès des autres disciples, et un jour Sudobhi le chassa
et lui interdit de faire savoir qu'il était son disciple. Le
singe s'en moquait bien. Il rentra chez lui sur un nuage et fit savoir
à son peuple qu'il avait réussi. Puis il se rendit compte qu'il
commençait à devenir vraiment puissant et commença à se préparer à la
guerre, au cas où. Il alla voler des armes, mais si son peuple apprit à
s'en servir, aucune ne lui convenait. Il décida d'aller prendre une
arme magique au dragon qui vivait au fond du lac, et prit d'autorité un
baton magique qui avait servi à niveler le fond de la mer et changeait
de taille a volonté, et une armure complète. Le roi des dragons fut
furieux et envoya une plainte au ciel. Sun
Wu-k'ung devint ami avec les chefs des démons et ils firent serment de
fraternité. Mais un jour, il se réveilla dans le royaume de la mort. Il
se plaint, disant qu'il était immortel et qu'il ne devrait pas être là.
Comme on refusait de le laisser repartir en prétextant qu'on avait du
confondre avec quelqu'un qui portait le même nom et qu'il fallait
attendre le Roi de la Mort, il menaça les bureaucrates du royaume des
morts et les força à le rayer de la liste des morts ainsi que tous ceux
qui avaient un nom qui lui ressemblait, puis il retourna sur terre. Le
dirigeant du Ciel, l'empereur de Jade, reçut un jour les plaintes du
roi des dragons et du roi de la mort concernant le roi des Singes, et
il se facha. Mais l'un de ses serviteurs, l'Astre de la longévité, lui
proposa plutôt de donner au roi des singes un poste mineur au ciel,
afin de le calmer, de l'occuper et d'éviter une guerre. C'est ainsi que
Sun Wu-k'ung reçut et accepta le titre de palefrenier céleste, qu'il
pensait être très honorifique. Mais un jour, il apprit comme ce poste
était bas et se révolta contre l'empereur de Jade. Et il demanda le
titre de Grand Sage, l'Égal du Ciel. L'empereur
de jade, vraiment furieux cette fois, envoya contre lui le Céleste roi
Li et son fils Natha. Et Li envoya son général, l'Esprit des
Eclaircissements, mais le singe le vainquit sans peine, lui et toute
son armée. Puis Natha y alla en personne, mais le singe le vainquit lui
aussi, grâce à son bâton et à ses pouvoirs de transformation. Ce
fut encore l'Astre de la Longévité qui proposa un arrangement à
l'amiable, c'est à dire créer un titre officiel de Grand Sage, Égal du
Ciel, sans salaire mais sans obligations, pour faire plaisir au singe.
Ce qui fut fait. Sun Wu-k'ung était très fier. Pour qu'il ne s'ennuie
pas, on lui proposa de s'occuper des pêches de l'empereur de Jade, mais
il les mangeait en cachette. Un
jour, la reine du Ciel voulut organiser un banquet de pêches, mais elle
n'invita pas Sun Wu-k'ung. Il l'apprit alors qu'on venait chercher les
pêches dans le verger et se mit en colère. Alors il entra en plein
milieu du banquet sous une fausse identité, but une grande partie du
vin et vola le reste, et, ivre, se goinfra d'elixir d'immortalité. Puis
il se rendit compte de ce qu'il avait fait et que l'empereur de jade
n'allait pas jtre content... Alors il rentra chez lui. Cette
fois-ci c'était la guerre, et les armées de l'empereur de Jade se
battirent contre une horde de guerriers que le singe avait créés par
magie, mais ne purent rien contre Sun Wu-k'ung lui-même. Alors
Kuan-yin, déesse de la compassion, suggéra d'aller chercher Erh-lang le
dieu de la vérité, pour combattre le roi des singes en combat
singulier. Ehr-Lang était lui aussi maître des transformations, et il
réussit à capturer le singe avec l'aide de Li, Natha, Kuan-yin, et du
patriarche de la Voie. Ils
essayhrent de sissoudre le singe dans un four, mais comme il avait
appris l'immortalité, rayé son nom de la lliste des morts et bu
l'elixir d'immortalité, cela ne lui faisait pas grand-chose... Quand
ils ouvrirent la porte, le croyant mort, il s'enfuit à nouveau, et
cette fois-ci, Ehr-lang ne put le rattraper. Il fallut aller chercher
Bouddha lui-même, qui emprisonna Sun Wu-k'ung sous la montagne des cinq
éléments...
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Le rossignol

Message par Rita-kazem le Mer 14 Avr - 23:31












Le rossignolVous savez qu'en Chine, l'empereur est un Chinois, et tous ses sujets sont des Chinois.
Il
y a de longues années, et justement parce qu'il y a très longtemps, je
veux vous raconter cette histoire avant qu'on ne l'oublie. Le palais de
l'empereur était le plus beau du monde, entièrement construit de la
plus fine porcelaine - il fallait d'ailleurs y faire très attention. Dans
le jardin poussaient des fleurs merveilleuses; et afin que personne ne
puisse passer sans les remarquer, on avait attaché aux plus belles
d'entre-elles des clochettes d'argent qui tintaient délicatement.
Vraiment, tout était magnifique dans le jardin de l'empereur, et ce
jardin s'étendait si loin, que même le jardinier n'en connaissait pas
la fin. En marchant toujours plus loin, on arrivait à une merveilleuse
forêt, où il y avait de grands arbres et des lacs profonds. Et cette
forêt s'étendait elle-même jusqu'à la mer, bleue et profonde. De gros
navires pouvaient voguer jusque sous les branches où vivait un
rossignol. Il chantait si divinement que même le pauvre pêcheur, qui
avait tant d'autres choses à faire, ne pouvait s'empêcher de s'arrêter
et de l'écouter lorsqu'il sortait la nuit pour retirer ses filets. "Mon
Dieu! Comme c'est beau!", disait-il. Mais comme il devait s'occuper de
ses filets, il oubliait l'oiseau. Les nuits suivantes, quand le
rossignol se remettait à chanter, le pêcheur redisait à chaque fois:
"Mon Dieu! Comme c'est beau!" Des
voyageurs de tous les pays venaient dans la ville de l'empereur et
s'émerveillaient devant le château et son jardin; mais lorsqu'ils
finissaient par entendre le Rossignol, ils disaient tous: "Voilà ce qui
est le plus beau!" Lorsqu'ils revenaient chez-eux, les voyageurs
racontaient ce qu'ils avaient vu et les érudits écrivaient beaucoup de
livres à propos de la ville, du château et du jardin. Mais ils
n'oubliaient pas le rossignol: il recevait les plus belles louanges et
ceux qui étaient poètes réservaient leurs plus beaux vers pour ce
rossignol qui vivaient dans la forêt, tout près de la mer. Les
livres se répandirent partout dans le monde, et quelques-uns parvinrent
un jour à l'empereur. Celui-ci s'assit dans son trône d'or, lu, et lu
encore. À chaque instant, il hochait la tête, car il se réjouissait à
la lecture des éloges qu'on faisait sur la ville, le château et le
jardin. "Mais le rossignol est vraiment le plus beau de tout!", y
était-il écrit. "Quoi?", s'exclama
l'empereur. "Mais je ne connais pas ce rossignol! Y a-t-il un tel
oiseau dans mon royaume, et même dans mon jardin? Je n'en ai jamais
entendu parler!" Il appela donc
son chancelier. Celui-ci était tellement hautain que, lorsque quelqu'un
d'un rang moins élevé osait lui parler ou lui poser une question, il ne
répondait rien d'autre que: "P!" Ce qui ne voulait rien dire du tout. "Il
semble y avoir ici un oiseau de plus remarquables qui s'appellerait
Rossignol!", dit l'empereur. "On dit que c'est ce qu'il y de plus beau
dans mon grand royaume; alors pourquoi ne m'a-t-on rien dit à ce
sujet?" "Je n'ai jamais entendu parler de lui auparavant", dit le
chancelier. "Il ne s'est jamais présenté à la cour!" "Je
veux qu'il vienne ici ce soir et qu'il chante pour moi!", dit
l'empereur. "Le monde entier sait ce que je possède, alors que
moi-même, je n'en sais rien!" "Je n'ai jamais entendu parler de lui auparavant", redit le chancelier. "Je vais le chercher, je vais le trouver!" Mais
où donc le chercher? Le chancelier parcourut tous les escaliers de haut
en bas et arpenta les salles et les couloirs, mais aucun de ceux qu'il
rencontra n'avait entendu parler du rossignol. Le chancelier retourna
auprès de l'empereur et lui dit que ce qui était écrit dans le livre
devait sûrement n'être qu'une fabulation. "Votre Majesté Impériale ne
devrait pas croire tout ce qu'elle lit; il ne s'agit là que de poésie!"
"Mais le livre dans lequel j'ai lu
cela, dit l'empereur, m'a été expédié par le plus grand Empereur du
Japon; ainsi ce ne peut pas être une fausseté. Je veux entendre le
rossignol; il doit être ici ce soir! Il a ma plus haute considération.
Et s'il ne vient pas, je ferai piétiner le corps de tous les gens de la
cour après le repas du soir." "Tsing-pe!",
dit le chancelier, qui s'empressa de parcourir de nouveau tous les
escaliers de haut en bas et d'arpenter encore les salles et les
couloirs. La moitié des gens de la cour alla avec lui, car l'idée de se
faire piétiner le corps ne leur plaisaient guère. Ils s'enquirent du
remarquable rossignol qui était connu du monde entier, mais inconnu à
la cour. Finalement, ils
rencontrèrent une pauvre fillette aux cuisines. Elle dit: "Mon Dieu,
Rossignol? Oui, je le connais. Il chante si bien! Chaque soir, j'ai la
permission d'apporter à ma pauvre mère malade quelques restes de table;
elle habite en-bas, sur la rive. Et lorsque j'en reviens, fatiguée, et
que je me repose dans la forêt, j'entends Rossignol chanter. Les larmes
me montent aux yeux; c'est comme si ma mère m'embrassait!" "Petite
cuisinière, dit le chancelier, je te procurerai un poste permanent aux
cuisines et t'autoriserai à t'occuper des repas de l'empereur, si tu
nous conduis auprès de Rossignol; il doit chanter ce soir." Alors,
ils partirent dans la forêt, là où Rossignol avait l'habitude de
chanter; la moitié des gens de la cour suivit. Tandis qu'ils allaient
bon train, une vache se mit à meugler. "Oh!",
dit un hobereau. "Maintenant, nous l'avons trouvé; il y a là une
remarquable vigueur pour un si petit animal! Je l'ai sûrement déjà
entendu!" "Non, dit la petite cuisinière, ce sont des vaches qui meuglent. Nous sommes encore loin de l'endroit où il chante." Puis,
les grenouilles croassèrent dans les marais. "Merveilleux!", s'exclama
le prévôt du château. "Là, je l'entends; cela ressemble justement à de
petites cloches de temples." "Non,
ce sont des grenouilles!", dit la petite cuisinière. "Mais je pense que
bientôt nous allons l'entendre!" À ce moment, Rossignol se mit à
chanter. "C'est lui, dit la petite
fille. Ecoutez! Ecoutez! Il est là!" Elle montra un petit oiseau gris
qui se tenait en-haut dans les branches. "Est-ce
possible?", dit le chancelier. "Je ne l'aurais jamais imaginé avec une
apparence aussi simple. Il aura sûrement perdu ses couleurs à force de
se faire regarder par tant de gens!" "Petit Rossignol, cria la petite cuisinière, notre gracieux Empereur aimerait que tu chantes devant lui!" "Avec
le plus grand plaisir", répondit Rossignol. Il chanta et ce fut un vrai
bonheur. "C'est tout à fait comme des clochettes de verre!", dit le
chancelier. "Et voyez comme sa petite gorge travaille fort! C'est
étonnant que nous ne l'ayons pas aperçu avant; il fera grande
impression à la cour!" "Dois-je chanter encore pour l'Empereur?",
demanda Rossignol, croyant que l'empereur était aussi présent. "Mon
excellent petit Rossignol, dit le chancelier, j'ai le grand plaisir de
vous inviter à une fête ce soir au palais, où vous charmerez sa
Gracieuse Majesté Impériale de votre merveilleux chant!" "Mon
chant s'entend mieux dans la nature!", dit Rossignol, mais il les
accompagna volontiers, sachant que c'était le souhait de l'empereur. Au
château, tout fut nettoyé; les murs et les planchers, faits de
porcelaine, brillaient sous les feux de milliers de lampes d'or. Les
fleurs les plus magnifiques, celles qui pouvaient tinter, furent
placées dans les couloirs. Et comme il y avait là des courants d'air,
toutes les clochettes tintaient en même temps, de telle sorte qu'on ne
pouvait même plus s'entendre parler. Au
milieu de la grande salle où l'empereur était assis, on avait placé un
perchoir d'or, sur lequel devait se tenir Rossignol. Toute la cour
était là; et la petite fille, qui venait de se faire nommer cuisinière
de la cour, avait obtenu la permission de se tenir derrière la porte.
Tous avaient revêtu leurs plus beaux atours et regardaient le petit
oiseau gris, auquel l'empereur fit un signe. Le
rossignol chanta si magnifiquement, que l'empereur en eut les larmes
aux yeux. Les larmes lui coulèrent sur les joues et le rossignol chanta
encore plus merveilleusement; cela allait droit au coeur. L'empereur
fut ébloui et déclara que Rossignol devrait porter au coup une
pantoufle d'or. Le Rossignol l'en remercia, mais répondit qu'il avait
déjà été récompensé: "J'ai vu les larmes dans les yeux de l'Empereur et
c'est pour moi le plus grand des trésors! Oui! J'ai été largement
récompensé!" Là-dessus, il recommença à chanter de sa voix douce et
magnifique. "C'est la plus
adorable voix que nous connaissons!", dirent les dames tout autour.
Puis, se prenant pour des rossignols, elles se mirent de l'eau dans la
bouche de manière à pouvoir chanter lorsqu'elles parlaient à quelqu'un.
Les serviteurs et les femmes de chambres montrèrent eux aussi qu'ils
étaient joyeux; et cela voulait beaucoup dire, car ils étaient les plus
difficiles à réjouir. Oui, vraiment, Rossignol amenait beaucoup de
bonheur. À partir de là, Rossignol
dut rester à la cour, dans sa propre cage, avec, comme seule liberté,
la permission de sortir et de se promener deux fois le jour et une fois
la nuit. On lui assigna douze serviteurs qui le retenaient grâce à des
rubans de soie attachés à ses pattes. Il n'y avait absolument aucun
plaisir à retirer de telles excursions. Un jour, l'empereur reçut une caisse, sur laquelle était inscrit: "Le rossignol". "Voilà
sans doute un nouveau livre sur notre fameux oiseau!", dit l'empereur.
Ce n'était pas un livre, mais plutôt une oeuvre d'art placée dans une
petite boîte: un rossignol mécanique qui imitait le vrai, mais tout
sertis de diamants, de rubis et de saphirs. Aussitôt qu'on l'eut
remonté, il entonna l'un des airs que le vrai rossignol chantait,
agitant la queue et brillant de mille reflets d'or et d'argent. Autour
de sa gorge, était noué un petit ruban sur lequel était inscrit: "Le
rossignol de l'Empereur du Japon est bien humble comparé à celui de
l'Empereur de Chine." Tous
s'exclamèrent: "C'est magnifique!" Et celui qui avait apporté l'oiseau
reçu aussitôt le titre de "Suprême Porteur Impérial de Rossignol". "Maintenant, ils doivent chanter ensembles! Comme ce sera plaisant!" Et
ils durent chanter en duo, mais ça n'allait pas. Car tandis que le vrai
rossignol chantait à sa façon, l'automate, lui, chantait des valses.
"Ce n'est pas de sa faute!", dit le maestro, "il est particulièrement
régulier, et tout-à-fait selon mon école!" Alors l'automate dut chanter
seul. Il procura autant de joie que le véritable et s'avéra plus
adorable encore à regarder; il brillait comme des bracelets et des
épinglettes. Il chanta le même air
trente-trois fois sans se fatiguer; les gens auraient bien aimé
l'entendre encore, mais l'empereur pensa que ce devait être au tour du
véritable rossignol de chanter quelque chose. Mais où était-il?
Personne n'avait remarqué qu'il s'était envolé par la fenêtre, en
direction de sa forêt verdoyante. "Mais
que se passe-t-il donc?", demanda l'empereur, et tous les courtisans
grognèrent et se dirent que Rossignol était un animal hautement ingrat.
"Le meilleur des oiseaux, nous l'avons encore!", dirent-ils, et
l'automate dut recommencer à chanter. Bien que ce fut la
quarante-quatrième fois qu'il jouait le même air, personne ne le savait
encore par coeur; car c'était un air très difficile. Le maestro fit
l'éloge de l'oiseau et assura qu'il était mieux que le vrai, non
seulement grâce à son apparence externe et les nombreux et magnifiques
diamants dont il était serti, mais aussi grâce à son mécanisme
intérieur. "Voyez, mon Souverain, Empereur des Empereurs! Avec le vrai
rossignol, on ne sait jamais ce qui en sortira, mais avec l'automate,
tout est certain: on peut l'expliquer, le démonter, montrer son
fonctionnement, voir comment les valses sont réglées, comment elles
sont jouées et comment elles s'enchaînent!" "C'est
tout-à-fait notre avis!", dit tout le monde, et le maestro reçu la
permission de présenter l'oiseau au peuple le dimanche suivant. Le
peuple devait l'entendre, avait ordonné l'empereur, et il l'entendit.
Le peuple était en liesse, comme si tous s'étaient enivrés de thé, et
tous disaient: "Oh!", en pointant le doigt bien haut et en faisant des
signes. Mais les pauvres pêcheurs, ceux qui avaient déjà entendu le
vrai rossignol, dirent: "Il chante joliment, les mélodies sont
ressemblantes, mais il lui manque quelque chose, nous ne savons trop
quoi!" Le vrai rossignol fut banni
du pays et de l'empire. L'oiseau mécanique eut sa place sur un coussin
tout près du lit de l'empereur, et tous les cadeaux que ce dernier
reçu, or et pierres précieuses, furent posés tout autour. L'oiseau fut
élevé au titre de "Suprême Rossignol Chanteur Impérial" et devint le
Numéro Un à la gauche de l'empereur - l'empereur considérant que le
côté gauche, celui du coeur, était le plus distingué, et qu'un empereur
avait lui aussi son coeur à gauche. Le maestro rédigea une oeuvre en
vingt-cinq volumes sur l'oiseau. C'était très savant, long et remplis
de mots chinois parmi les plus difficiles; et chacun prétendait l'avoir
lu et compris, craignant de se faire prendre pour un idiot et de se
faire piétiner le corps. Une année
entière passa. L'empereur, la cour et tout les chinois connaissaient
par coeur chacun des petits airs chantés par l'automate. Mais ce qui
leur plaisaient le plus, c'est qu'ils pouvaient maintenant eux-mêmes
chanter avec lui, et c'est ce qu'ils faisaient. Les gens de la rue
chantaient: "Ziziiz! Kluckkluckkluck!", et l'empereur aussi. Oui,
c'était vraiment magnifique! Mais
un soir, alors que l'oiseau mécanique chantait à son mieux et que
l'empereur, étendu dans son lit, l'écoutait, on entendit un "cric"
venant de l'intérieur; puis quelque chose sauta: "crac!" Les rouages
s'emballèrent, puis la musique s'arrêta. L'empereur
sauta immédiatement hors du lit et fit appeler son médecin. Mais que
pouvait-il bien y faire? Alors on amena l'horloger, et après beaucoup
de discussions et de vérifications, il réussit à remettre l'oiseau dans
un certain état de marche. Mais il dit que l'oiseau devait être ménagé,
car les chevilles étaient usées, et qu'il était impossible d'en
remettre de nouvelles. Quelle tristesse! À partir de là, on ne put
faire chanter l'automate qu'une fois l'an, ce qui était déjà trop. Mais
le maestro tint un petit discourt, tout plein de mots difficiles,
disant que ce serait aussi bien qu'avant; et ce fut aussi bien
qu'avant. Puis, cinq années
passèrent, et une grande tristesse s'abattit sur tout le pays.
L'empereur, qui occupait une grande place dans le coeur de tous les
chinois, était maintenant malade et devait bientôt mourir. Déjà, un
nouvel empereur avait été choisi, et le peuple, qui se tenait dehors
dans la rue, demandait au chancelier comment se portait son vieil
empereur. "P!", disait-il en secouant la tête. L'empereur,
froid et blême, gisait dans son grand et magnifique lit. Toute la cour
le croyait mort, et chacun s'empressa d'aller accueillir le nouvel
empereur; les serviteurs sortirent pour en discuter et les femmes de
chambres se rassemblèrent autour d'une tasse de café. Partout autour,
dans toutes les salles et les couloirs, des draps furent étendus sur le
sol, afin qu'on ne puisse pas entendre marcher; ainsi, c'était très
silencieux. Mais l'empereur n'était pas encore mort: il gisait, pâle et
glacé, dans son magnifique lit aux grands rideaux de velours et aux
passements en or massif. Tout en haut, s'ouvrait une fenêtre par
laquelle les rayons de lune éclairaient l'empereur et l'oiseau
mécanique. Le pauvre empereur
pouvait à peine respirer; c'était comme si quelque chose ou quelqu'un
était assis sur sa poitrine. Il ouvrit les yeux, et là, il vit que
c'était la Mort. Elle s'était coiffée d'une couronne d'or, tenait dans
une main le sabre de l'empereur, et dans l'autre, sa splendide
bannière. De tous les plis du grand rideau de velours surgissaient
toutes sortes de têtes, au visage parfois laid, parfois aimable et
doux. C'étaient les bonnes et les mauvaises actions de l'empereur qui
le regardaient, maintenant que la Mort était assise sur son coeur. "Te
souviens-tu d'elles?", dit la Mort. Puis, elle lui raconta tant de ses
actions passées, que la sueur en vint à lui couler sur le front. "Cela
je ne l'ai jamais su!", dit l'empereur. "De la musique! De la musique!
Le gros tambour chinois", cria l'empereur, "pour que je ne puisse
entendre tout ce qu'elle dit!" Mais la Mort continua de plus belle, en faisant des signes de tête à tout ce qu'elle disait. "De
la musique! De la musique!", criait l'empereur. "Toi, cher petit oiseau
d'or, chante donc, chante! Je t'ai donné de l'or et des objets de
grande valeur, j'ai suspendu moi-même mes pantoufles d'or à ton cou;
chante donc, chante!" Mais
l'oiseau n'en fit rien; il n'y avait personne pour le remonter, alors
il ne chanta pas. Et la Mort continua à regarder l'empereur avec ses
grandes orbites vides. Et tout était calme, terriblement calme. Tout
à coup, venant de la fenêtre, on entendit le plus merveilleux des
chants: c'était le petit rossignol, plein de vie, qui était assis sur
une branche. Ayant entendu parler de la détresse de l'empereur, il
était venu lui chanter réconfort et espoir. Et tandis qu'il chantait,
les visages fantômes s'estompèrent et disparurent, le sang se mit à
circuler toujours plus vite dans les membres fatigués de l'empereur, et
même la Mort écouta et dit: "Continue, petit rossignol! Continue!" "Bien, me donnerais-tu le magnifique sabre d'or? Me donnerais-tu la riche bannière? Me donnerais-tu la couronne de l'empereur?" La
Mort donna chacun des joyaux pour un chant, et Rossignol continua à
chanter. Il chanta le tranquille cimetière où poussent les roses
blanches, où les lilas embaument et où les larmes des survivants
arrosent l'herbe fraîche. Alors la Mort eut la nostalgie de son jardin,
puis elle disparut par la fenêtre, comme une brume blanche et froide. "Merci,
merci!" dit l'empereur. "Toi, divin petit oiseau, je te connais bien!
Je t'ai banni de mon pays et de mon empire, et voilà que tu chasses ces
mauvais esprits de mon lit, et que tu sors la Mort de mon coeur!
Comment pourrais-je te récompenser?" "Tu
m'as récompensé!", répondit Rossignol. "J'ai fait couler des larmes
dans tes yeux, lorsque j'ai chanté la première fois. Cela, je ne
l'oublierai jamais; ce sont là les joyaux qui réjouissent le coeur d'un
chanteur. Mais dors maintenant, et reprend des forces; je vais
continuer à chanter!" Il chanta, et l'empereur glissa dans un doux sommeil; un sommeil doux et réparateur! Le
soleil brillait déjà par la fenêtre lorsque l'empereur se réveilla,
plus fort et en bonne santé. Aucun de ses serviteurs n'était encore
venu, car ils croyaient tous qu'il était mort. Mais Rossignol était
toujours là et il chantait. "Tu resteras toujours auprès de moi!, dit
l'empereur. Tu chanteras seulement lorsqu'il t'en plaira, et je
briserai l'automate en mille morceaux." "Ne
fait pas cela", répondit Rossignol. "Il a apporté beaucoup de bien,
aussi longtemps qu'il a pu; conserve-le comme il est. Je ne peux pas
nicher ni habiter au château, mais laisse moi venir quand j'en aurai
l'envie. Le soir, je viendrai m'asseoir à la fenêtre et je chanterai
devant toi pour tu puisses te réjouir et réfléchir en même temps. Je
chanterai à propos de bonheur et de la misère, du bien et du mal, de ce
qui, tout autour de toi, te reste caché. Un petit oiseau chanteur vole
loin, jusque chez le pauvre pêcheur, sur le toit du paysan, chez celui
qui se trouve loin de toi et de ta cour. J'aime ton coeur plus que ta
couronne, même si la couronne a comme une odeur de sainteté autour
d'elle. Je reviendrai et chanterai pour toi! Mais avant, tu dois me
promettre!" "Tout ce que tu
voudras!", dit l'empereur. Il était debout dans son costume impérial,
qu'il venait d'enfiler, et tenait sur son coeur le sabre alourdi par
l'or. "Je te demande de ne révéler à personne que tu as un petit oiseau
qui te raconte tout. Alors, tout ira mieux !" Puis, Rossignol s'envola. Les serviteurs entraient pour voir leur empereur mort. Ils étaient là, debout devant lui, étonnés. Et lui leur dit, simplement : "Bonjour!"
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Tanabata : les amours malheureuses de Kengyu et Orihimé

Message par Rita-kazem le Mer 14 Avr - 23:32

Tanabata : les amours malheureuses de Kengyu et Orihimé














Il
était une fois un endroit qu'on appelait la voie lactée. La voie lactée
séparait le monde en deux : d'un côté vivaient les hommes, de l'autre
côté vivaient les dieux. A l'ouest, le monde des hommes; à l'est, le
monde des dieux. Il n'y avait pas d´échanges entre les deux. A
l'est vivait un beau jeune homme appelé Kengyu. Il était vacher et
passait son temps auprès de ses vaches. A l'ouest, dans le monde des
dieux, vivaient des soeurs d'une grande beauté. Ces princesses
tissaient toutes des étoffes superbes, mais celles de la plus jeune des
soeurs, Orihimé, étaient d'une splendeur dépassant toute imagination.
Kengyu et Orihimé vivaient ainsi de chaque côté de la vaste voie
lactée. Un jour où Kengyu
promenait ses vaches, il traversa la voie lactée sans s'en rendre
compte, et se retrouva de l'autre côté, à l'est. Au même moment, les
princesses s'apprêtaient à se baigner dans la rivière; elles enlevèrent
leur somptueux kimonos et entrèrent dans l'eau. Kengyu, ignorant
qu'elles étaient des déesses, regarda les princesses prendre leur bain.
Elles étaient toutes d'une grande beauté, mais le coeur de Kengyu fut
chaviré par la plus jeune d'entre elles. Kengyu tomba amoureux de
Orihimé au premier regard. Une des vaches, qui observait Kengyu, lui
murmura : "Kengyu, dérobe le kimono de cette jeune beauté!" Kengyu
obéit à la vache; il décrocha prestement le kimono de la branche à
laquelle il était accroché et alla se cacher derrière un rocher. Les
princesses ayant fini leur bain sortirent de la rivière et revêtirent
leurs kimonos; mais seule la plus jeune des soeurs ne trouvait pas le
sien. Elle dit à ses soeurs qui rentraient : "Je vous rejoins dans un instant." Mais sans kimono, elle ne pouvait pas voler et resta donc là, toute nue et tremblante. Elle entendit alors une voix, derrière elle : "C'est moi qui ai pris ton kimono... En échange, j'ai une faveur à te demander." Orihimé se retourna et vit un jeune homme, qui lui tournait le dos. "Epouse-moi.", lui dit-il. "Je dois rentrer chez moi, de l'autre côté de la voie lactée.", répondit Orihimé. Le jeune homme se tourna vers la princesse qui se tenait cachée derrière une roche. "Epouse-moi.", dit-il encore une fois. Orihimé,
examinant Kengyu, sentit son coeur s'émouvoir. Il avait fière allure,
et un si beau regard. Elle décida d'accèder à sa demande et de devenir
sa femme. Mais elle pensa également, en elle-même :"Une fois qu'il m'aura rendu mon kimono..." Les
années passèrent et Orihimé et Kengyu eurent deux enfants, une fille et
un garçon. Orihimé ne rentra pas même une seule fois chez elle, à l'est
de la voie lactée, chez les dieux. Ils vivaient heureux ensemble, avec
leurs enfants. Cependant, un jour
la déesse du mont Konron apprit que Orihimé vivait chez les hommes, et
avait même eu des enfants avec Kengyu. Cette nouvelle la mit très en
colère; elle était jalouse de ce bonheur. "Je
ne permettrai pas cela; ramenez immédiatement Orihimé!" ordonna-t-elle.
Elle envoya des serviteurs, qui ramenèrent de force la princesse dans
le monde des dieux. Kengyu et les
enfants, restés seuls, étaient au désespoir et pleurèrent longtemps.
Mais il ne sert à rien de rester à pleurer sans rien faire. Aussi un
jour Kengyu prit-il une grande hotte, dans laquelle il installa les
enfants, et la hotte sur le dos il partit vers l'est, au-delà de la
voie lactée. Il marcha des jours et des jours, jusqu'à atteindre le
bord de la voie lactée; mais chose étrange, là où aurait dû commencer
la voie lactée, il n'y avait rien.Où
que Kengyu aille, la voie lactée se trouvait toujours plus loin. Afin
de séparer Kengyu et Orihimé et de détruire leur amour, la déesse du
mont Konron avait déplacé la voie lactée, pour qu'ils ne puissent pas
se rencontrer. Kengyu et Orihimé versaient des larmes, de chaque côté
de la voie lactée. Kengyu est les
enfants rentrèrent chez eux, lançant des regards pleins de tristesse
vers la lointaine voie lactée. Ils continuaient de vivre dans la
tristesse, quand un jour une vache qui les avait pris en pitié leur dit
: "Kengyu, quand je serais morte, fais une veste de mon cuir; si tu portes cette veste, tu pourras aller jusqu'à la voie lactée." La
vache rendit l'âme à l'instant. Kengyu, qui comprit que la vache était
morte pour qu'il puisse rencontrer Orihimé, pleura de reconnaissance.
Utilisant le cuir de la vache, il fit immédiatement une veste, la mit
et portant sur son dos les enfants dans la hotte, partit vers la voie
lactée. Lorsque Kengyu et les
enfants arrivèrent au bord de la voie lactée, les étoiles brillaient de
tous leurs feux et le paysage était superbe. Kengyu, tout à la joie de
retrouver sa femme, était aux anges, les enfants criaient "Maman!". A
ce spectacle, la déesse du mont Konron entra dans une terrible colère,
et sépara la voie lactée en deux avec une épingle à cheveux, de façon à
ce que Kengyu et les enfants ne puissent pas rejoindre Orihimé. De
ce fait, la voie lactée enfla, enfla tellement qu'elle déborda. Kengyu
et les enfants manquèrent de peu d'être emportés par les flots et de se
noyer. Cependant, cela ne les fit pas renoncer. "Papa, si nous puisons l'eau et vidons la voie lactée... nous pourrons la traverser et aller rejoindre Maman!" Kengyu,
ainsi que le proposaient les enfants, commença à puiser l'eau et écoper
la voie lactée, puiser et écoper indéfiniment. Lorsque le père fut
fatigué, sa fille le remplaça, lorsque sa soeur fut fatiguée, le frère
la remplaça, à tour de rôle ils puisèrent et écopèrent sans relâche. La déesse du mont Konron, voyant ceci, leur dit : "Arrêtez
de puiser l'eau de la voie lactée! A partir d'aujourd'hui, les enfants
vivront à l'est, avec leur mère, dans le monde des dieux. Quant à toi,
Kengyu, tu pourras rencontrer Orihimé le septième jour du septième mois
de l'année. Une fois par an, une seule. Qu'il en soit ainsi!" Kengyu s'inclina devant la volonté de la déesse du mont Konron et la
remercia. Depuis
ce jour, chaque année, le sept juillet Kengyu et Orihimé se rencontrent
au sommet de la voie lactée, et chaque année ont lieu des retrouvailles
émouvantes. De nos jours encore,
l'été la voie lactée brille de tous ses feux, longue voie blanche dans
le ciel. De chaque côté, brille une grosse étoile : Kengyu et Orihimé;
à côté de Kengyu, brillent deux étoiles plus petites, ce sont les
enfants.
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Une perle

Message par Rita-kazem le Mer 14 Avr - 23:33

Une perle





dans
l’Antiquité, il y avait à l’Est de la cune grotte où habitait un Dragon
de jade couleur d’argent, et à l’Ouest un bois touffu dans lequel se
cachait un Phoenix d’or multicolore.Ces
deux voisins se rencontraient tous les matins à la sortie de leur
maison. Un jour, l’un d’eux nageant dans l’eau, l’autre volant dans le
ciel, ils arrivèrent sans s’en apercevoir à une île féerique. Par
hasard, ils y découvrirent une pierre éblouissante. Le Phoenix d’or,
très surpris, poussa un cri d’admiration :- Comme elle est jolie !Et le Dragon de jade, tout ravi, proposa à son ami :- Tu veux qu’on la travaille en forme de perle ?Ce
dernier fut d’accord et ils se mirent à l’oeuvre. Le Dragon se servit
de ses pattes et le Phoenix de son bec. Jour après jour, année après
année, ils travaillèrent, et ce fut ainsi que peu à peu une perle
brillante prit forme.Le Phoenix
puisa dans les monts féeriques de la rosée qu’il versa sur la perle ;
le Dragon alla chercher de l’eau claire dans la Voie lactée et en
arrosa le trésor ; peu à peu elle se mit à jeter des étincelles.Depuis,
le Dragon de jade et le Phoenix devinrent de bons amis, car une même
passion pour la perle les unissait. N’ayant plus envie de retourner
chez eux, ils décidèrent de s’installer sur l’île pour bien garder leur
trésor jour et nuit.C’était
vraiment une perle précieuse. Dans tous les endroits touchés par les
feux qu’elle jetait tout devenait verdoyant, les fleurs
s’épanouissaient, les paysages devenaient lumineux et pittoresques et
la moisson était abondante.Un jour,
la Reine Mère d’Occident, en se promenant hors de son Palais aperçut
par hasard cette perle, et aussitôt la voilà fascinée. A la faveur de
la nuit, elle fit voler ce trésor pendant que le Dragon et le Phoenix
dormaient, puis elle cacha la perle au fond d’un Palais fabuleux,
protégée par neuf portes à neuf serrures.Le
lendemain matin, à leur réveil, les deux animaux, ne trouvant plus leur
trésor, furent très inquiets. Le Dragon de jade parcourut toutes les
grottes sous la Voie lactée, et le Phoenix d’or fouilla en détail tous
les coins du mont fantastique, mais sans arriver à la retrouver. Comme
ils étaient tristes ! Désormais, ils passèrent leurs jours et leurs
nuits à chercher leur trésor perdu.Ce
jour-là, pour fêterl’anniversaire de la Reine Mère d’Occident, tous les
immortels du ciel se rassemblèrent au Palais fantastique de la Reine
Mère où elle allait offrir un "banquet de pêches d’immortalité". Objets
de multiples souhaits de longévité et de bonheur éternel, la Reine Mère
ne se sentit plus de joie. Soudain lui vint l’idée d’exhiber son trésor
devant les immortels :- Mes chers invités, dit-elle, je vais vous montrer une perle précieuse, un objet unique au monde !Ce
disant, elle détacha de sa ceinture les neuf clés, fit ouvrir les neuf
portes du Palais, et en sortit la perle sur un plateau d’or, toute
éblouissante. Les immortels présents se répandirent en louanges.Tandis
que les invités firent la fête, le Dragon de jade et son ami le Phoenix
d’or continuaient à chercher leur perle. Attiré par les étincelles, le
Phoenix appela le Dragon :- Tiens, n’aperçois-tu pas les feux de notre trésor ?La tête sortie de la rivière céleste, le Dragon de jade répondit :- Mais oui, c’est bien lui. Allons le récupérer !En
suivant la lumière jetée par la perle, ils parvinrent jusqu’au Palais
de la Reine Mère d’Occident, au moment où les immortels étaient penchés
pour admirer la merveille. Le Dragon de jade se lança en avant en
criant :- Cette perle nous appartient ! le Phoenix d’or lui fit écho.A ces mots, la Reine Mère se mit en colère :- Taisez-vous, je suis la mère de l’Empereur Céleste de Jade, tous les trésors du ciel m’appartiennent !Très indignés, le Dragon et le Phoenix crièrent ensemble :- Cette perle n’est pas un produit naturel du ciel ni de la terre, elle est le fruit de notre travail de plusieurs années.La
Reine mère, saisie de fureur et de honte, protégea de la main le
plateau d’or et ordonna aux généraux célestes de les chasser tout de
suite du Palais.Alors, le Dragon et
le Phoenix se précipitèrent vers la perle, si bien que le plateau fut
saisi par trois paires de mains qu’aucune ne voulait lâcher. C’est
alors que le plateau qu’ils se disputaient perdit l’équilibre et que la
perle roula jusqu’aux limites du ciel, puis tomba vers la terre.Le
Dragon de jade s’élança en l’air et suivit la perle de peur qu’elle ne
se casse. Les deux amis, l’un volant, l’autre dansant en l’air,
protégèrent tantôt à gauche, tantôt à droite leur trésor jusqu’à ce
qu’il soit tombé doucement sur la terre. Quand elle atteignit la terre,
la perle se métamorphosa aussitôt en un lac limpide, qu’on appelle le
lac de l’Ouest.Trop amoureux de la
perle pour la quitter, le Dragon de jade se changea en un mont
majestueux et le Phoenix d’or, en une colline verte, qui la dominent,
pour la protéger.Dès lors, le mont du Dragon est toujours resté avec son ami la colline Verte du Phoenix aux abords du lac de l’Ouest.C’est pourquoi les gens de la région chantent encore :Le Lac de l’Ouest est une perle tombée du ciel,Accompagnée par le Dragon et le Phoenix jusqu’à la rivière Qiantang.
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Voilà pourquoi l'eau de la mer est salée

Message par Rita-kazem le Mer 14 Avr - 23:34

Voilà pourquoi l'eau de la mer est salée




Il y a fort longtemps vivaient en Chine deux frères.
Wang-l'aîné
était le plus fort et brimait sans cesse son cadet. A la mort de leur
père, les choses ne s'arrangèrent pas et la vie devint intenable pour
Wang-cadet. Wang-l'aîné accapara tout l'héritage du père : la belle
maison, le buffle, et tout le bien. Wang-cadet n'eut rien du tout et la
misère s'installa bientôt dans sa maison.
Un jour, il ne lui resta
même plus un seul grain de riz. Il ne pourrait pas manger, alors, il se
résolut à aller chez son frère dut aller chez son frère aîné.
Arrivé sur place, il le salua et dit en ces termes :
-Frère aîné, prête-moi un peu de riz.
Mais son frère, qui était très avare, refusa tout net de l'aider et le cadet reparti.Ne
sachant que faire, Wang-cadet s'en alla pêcher au bord de la mer Jaune.
La chance n'était pas avec lui car il ne parvint même pas à attraper un
seul poisson.
Il rentrait chez lui les mains vides, la tête basse, le cœur lourd quand soudain, il aperçut une meule au milieu de la route.
" Ça pourra toujours servir!" , pensa-t-il en ramassant la meule, et il la rapporta à la maison.
Dès qu'elle l'aperçut, sa femme lui demanda :
-As-tu fait bonne pêche ? Rapportes-tu beaucoup de poisson ?
-Non, femme! Il n'y a pas de poisson. Je t'ai apporté une meule.
-Ah, Wang-cadet, tu sais bien que nous n'avons rien à moudre: il ne reste pas un seul grain à la maison.
Wang-cadet
posa la meule par terre et, de dépit, lui donna un coup de pied. La
meule se mit à tourner, à tourner et à moudre. Et il en sortait du sel,
des quantité de sel. Elle tournait de plus en plus vite et il en
sortait de plus en plus de sel. Wang-cadet et sa femme étaient tout
contents de cette aubaine mais la meule tournait, tournait et le tas de
sel grandissait, grandissait.Wang-cadet
commençait à avoir peur et se demandait comment il pourrait bien
arrêter la meule. Il pensait, réfléchissait, calculait, il ne trouvait
aucun moyen. Soudain, il eut enfin l'idée de la retourner, et elle
s'arrêta. A partir de ce jour,
chaque fois qu'il manquait quelque chose dans la maison, Wang-cadet
poussait la meule du pied et obtenait du sel qu'il échangeait avec ses
voisins contre ce qui lui était nécessaire. Ils vécurent ainsi à l'abri
du besoin, lui et sa femme. Mais
le frère aîné apprit bien vite comment son cadet avait trouvé le
bonheur et il fut assailli par l'envie. Il vint voir son frère et dit :

-Frère-cadet, prête-moi donc ta meule.
Le frère cadet aurait
préféré garder sa trouvaille pour lui, mais il avait un profond respect
pour son frère aîné et il n'osa pas refuser.Wang-l'aîné
était tellement pressé d'emporter la meule que Wang-cadet n'eut pas le
temps de lui expliquer comment il fallait faire pour l'arrêter.
Lorsqu'il voulut lui parler, ce dernier était déjà loin, emportant
l'objet de sa convoitiseIl était
très heureux, le frère aîné. Il rapporta la meule chez lui et la poussa
du pied. La meule se mit à tourner et à moudre du sel. Elle moulut sans
relâche, de plus en plus vite. Le tas de sel grandissait, grandissait
sans cesse. Il atteignit bien vite le toit de la maison. Les murs
craquèrent. La maison allait s'écrouler. Wang-l'aîné
prit peur. Il ne savait pas comment arrêter la meule. Il eut l'idée de
la faire rouler hors de la maison, qui était sur une colline. La meule
dévala la pente, roula jusque dans la mer et disparut dans les flots. Depuis ce temps-là, elle continue à tourner au fond de la mer et à moudre du sel. Personne n'est allé la retourner.Et voilà pourquoi l'eau de la mer est salée.
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Bo bie qian li tortue boiteuse

Message par Nadej-isis le Jeu 22 Avr - 19:38

La contrepartie
chinoise de la fable Le lièvre et la tortue met en vedette une tortue
boiteuse et six chevaux. Cette histoire a aussi inspiré le proverbe (ou
chengyu) Bo bie qian li 跛鱉千里qui fait l'éloge de la persévérance et des efforts inlassables pour atteindre un but.
Il y a très longtemps, six chevaux qui vivaient dans une région
montagneuse de la Chine du Centre décidèrent un jour de quitter leur
habitat pour en trouver un meilleur. Après avoir parcouru une vaste
étendue de forêt sans avoir aperçu de sentier, les six étaient en
grande discussion et n'arrivaient pas à décider de la route à
emprunter. Soudain, ils entendirent : « Bonjour! Comment ça va? »,
murmuré par une tortue boiteuse qui avançait petit à petit sur un
sentier sinueux.
« Où vas-tu? », lui demanda un des chevaux.
« On m'a dit que, dans le Sud, il existe un paradis pour les
animaux. Je suis en route vers cet endroit », lui répondit la tortue.
« Sais-tu où il se trouve exactement? », répliquèrent les autres, tous ensemble.
« Pas exactement, rétorqua-t-elle. Probablement à 1 000 ou 2 000 li [1 li = 500 m] d'ici. »
« À voyager à un rythme si lent, crois-tu pouvoir atteindre cet endroit? », questionna l'un des chevaux.
« Bien sûr! Mais pour cela, il faut que je continue d'avancer », s'exclama la tortue.
Après cette conversation, la tortue poursuivit sa longue marche,
pendant que les six s'engagèrent dans une discussion animée pour
trouver un raccourci menant au paradis. Le cheval rouge suggéra d'aller
vers le sud, le gris voulait aller vers l'ouest, alors que selon le
noir, l'est semblait plus prometteur. Pour ce qui est des trois autres,
ils discutaient de la meilleure action à prendre. La discussion se
poursuivit longtemps dans la forêt où les chevaux avaient rencontré la
tortue boiteuse. Pendant ce temps, la tortue continuait allègrement sa
route vers le sud.
Finalement, trois ans plus tard, la tortue trouva le paradis
légendaire et s'y installa. Dans ce paradis, elle ne vit toutefois
aucun des six chevaux qu'elle avait rencontrés dans les bois. Chaque
matin, elle montait au sommet d'une colline et regardait vers le nord
en espérant voir venir les chevaux. Ils n'apparurent jamais.
Aujourd'hui, Bo bie qian li sert à encourager les gens qui vivent une situation difficile à poursuivre résolument leur objectif.
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Nadej-isis

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conte du thé

Message par Nadej-isis le Jeu 22 Avr - 19:39

Qui
nous parle du thé? Quelles voix viennent à nous pour nous conter ces
temps d'avant... ces temps qui semblent d'avant tout ? J'ai entendu de
multiples légendes avec leur part de vérité rêvée et de mensonge vécu.
J'en ai gardé quatre pour vous, aujourd'hui: une chinoise, une
japonaise, une indienne... et une imprévue.
En 2737 avant notre ère quelque part en Chine, et plus précisément
sous un arbre, se reposait un étrange empereur: Shennong, le "laboureur
divin". Son corps était humain, sa tête était celle d'un buffle et son
être avait, semble-t-il, quelque chose de divin. Il fait partie des
Trois Augustes avec Fuxi découvreur des trigrammes et de la divination
et Huangdi qui instaura les noms de familles, les rites... Shennong,
lui, apporta au peuple chinois l'agriculture (et notamment le riz, le
soja, le millet, le blé, le sorgho). Toutefois pour que les Chinois
puissent aller au champ il fallait veiller à leur santé. C'est ce qu'il
fit: il créa également cette médecine préventive, principalement à base
de plantes, la médecine chinoise de l'époque. Nous lui devons ainsi le
Shennong Bencao qui est le premier herbier de Chine.
Ce jour là Shennong était donc, modestement, assis au pied d'un
arbre sauvage. Certains racontent qu'à la suite de recherches sur les
plantes il s'était intoxiqué. Il faisait bouillir de l'eau, afin de la
purifier, lorsqu'une bise se leva et fit tomber deux-trois feuilles
dans cette eau frémissante. Il la vit alors changer de couleur et fut
réjoui du parfum qui s'en dégageait. Il décida de goûter et découvrit
un breuvage à la fois riche en arômes et aux nombreuses vertus, dont
celle d'aider à la désintoxication.
Les deux autres légendes, japonaise et indienne, nous parlent de
Bodhidharma. C'était un prince indien qui au VI ème siècle partit en
Chine prêcher le bouddhisme et fonder la secte Ch'an. Cette dernière se
développera au Japon, près du 6 siècles après, sous le nom de zen.
Il avait fait le voeu de ne jamais dormir afin de ne pas voler un
seul instant à sa mission. Malgré tout, un jour, épuisé il tomba de
fatigue sur le bord d'un chemin. Et, pire encore, il rêva de femmes. A
son réveil, ivre de colère, il s'arracha les paupières et les jeta.
Quelques années après, en repassant au même endroit il vit que là où il
avait jeté ses paupières deux arbustes avaient poussé. Des arbustes
dont les feuilles ont le pouvoir de maintenir l'esprit en éveil.
A la fin de sa vie il resta assis en méditation face à un rocher
pendant neuf ans. Au bout de quelques années, assez lassé, il eut le
geste curieux d'arracher des feuilles de l'arbuste qui poussait à
proximité et de les mâcher. Il découvrit alors que ces feuilles
permettaient à l'esprit de rester dans un état de concentration,
chassant l'ennui. Il put ainsi poursuivre, sans bouger, sa méditation
pendant neuf années. Son image finit par se graver sur le rocher et,
quant à lui, il perdit l'usage de ses jambes.
Présentés dans ces trois légendes, nous sommes bien entendu, en
présence de théiers sauvages. La légende chinoise nous présente le thé
sous son aspect médicinal. Une confusion avec l'idéogramme d'une plante
amère "T'u" fait remonter le thé très loin dans le passé. En fait le
thé, consommé certainement un peu avant notre ère mais guère plus,
n'apparut d'abord que comme une boisson médicinale sous les Han de
l'Ouest (206 av. JC à 24 ap. JC). Ce ne qu'à la fin de la dynastie Han
de l'Est (25 à 220) et pendant l'époque des Trois Royaumes (220 à 280)
qu'on en fit une boisson quotidienne puis, à partir de la deuxième
moitié de la dynastie Tang (618 à 907), un allié des poètes et autres
esthètes.
Les légendes indiennes et japonaises font remonter l'apparition du
thé très tardivement: VI ème siècle après JC. Sachons que les premiers
théiers au Japon furent apportés au début du IXème siècle et que ce
furent les moines Zen qui développèrent sa culture dans l'île. Quant à
l'Inde on y découvrit des théiers que tardivement (première moitié du
XIXème siècle) où le secret de la présence de théiers avait été le
privilège de quelques tribus vivant dans la jungle de l'Assam.
Et puis il y a cette quatrième légende:
Un homme était parti de son village à la recherche de l'éveil. Après
de longues années, d'épreuve en épreuve, il était devenu un vagabond,
un indésirable de nos bourgades. Un soir il se posa dans une forêt
dense. Il fit un feu et pensa à tout ce qu'il avait vu, vécu et
compris: des morceaux de lumière, de vérité... mais rien d'un éveil. Il
se décourageait un peu lorsqu'il entendit, en haut d'un arbre, un
oiseau chanter: "j'ai la dernière vérité. J'ai la dernière vérité. Elle
est à celui qui viendra la chercher..." .
L'homme entreprit alors de monter tout en haut de cet arbre.
L'escalade était difficile et dangereuse. Au fur et à mesure qu'il
grimpait vers cette dernière vérité, il devait lutter contre le
vertige. Il se guidait au chant de l'oiseau sans jamais l'apercevoir.
Il parvint enfin à la cime et, baigné dans une somptueuse lumière
dorée, il vit le soleil se coucher, les étoiles apparaître mais nul
oiseau. Toutefois la voix, sortant de nulle part et de partout à la
fois, lui dit: "tu es venu accueillir une dernière vérité alors
reçois-la et pars l'offrir aux hommes qui te croiront."
A ce moment toutes ses questions se changèrent en réponses et ses
réponses en questions. La lumière devint ombre et de l'ombre naquit la
lumière. Tous ces morceaux de vérités éparses s'assemblèrent pour
former une vérité nouvelle multiple et entière. Ainsi sa dernière
vérité devint sa première. Son coeur se mit à sourire et son sourire à
dire les mots de son coeur. Alors, sans redescendre de l'arbre, éveillé
et léger il put continuer son chemin chevauchant quelques vents d'une
sauvage sagesse.
Depuis, cet arbre du passage, de la métamorphose, qui était un
théier sauvage, est vénéré. Certains d'entre nous offrent ou reçoivent
quelques unes de ses feuilles, attentifs à tout ce qu'elles pourraient,
dans l'éclat doré d'une tasse, nous dire ou nous chanter, sensibles à
tout appel.
Voyez que le monde du thé est riche de légendes et de réalités
parallèles. Et s'il est vrai qu'un peuple sans légende est destiné à
mourir de froid, le thé saura nous préserver de la morsure vénéneuse et
sèche de la glace...
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Assiéger le royaume Wei afin de délivrer le royaume Zhao

Message par Nadej-isis le Jeu 22 Avr - 19:40

Sun
Bin et Pang Juan sont deux stratèges de l'époque des Royames
Combattants environ 4 siècles avant J.C. Ils sont tous deux disciples
du même professeur de stratégies et tactiques militaires. Ils étaient
également sujets du royaume Wei. Mais, jaloux de capacité de Sun Bin,
Pang Juan fait tout son possible pour persécuter Sun Bin. Sun Bin est
ainsi torturé et devient handicapé. Heureusement, Tian Ji, un général
du royaume Qi lui offre l'asile.
En 368 avant J.C., le roi du royaume Wei, envoie
Pang Juan et cent 100 soldats pour assiéger Handan, capitale du royaume
Zhao. Le roi Zhao demande alors de l'aide à son allié, le royaume Qi.
Pour briser les siège, ce dernier envoie une
armée de 80 mille personnes dont le commandant et le conseiller sont
respectivement Tian Ji et Sun Bin.
Après avoir analysé la situation, Sun Bin sait
que l'armée de Wei est puissante. Si il y a confrontation, ses soldats
subiront une forte perte. Mais, vu que les troupe s d'élite de Wei se
battent au royaume Zhao, la défense de Wei est pour sa part assez
faible. C'est donc une bonne occasion d'attaquer la ville de Daliang,
capitale du royaume Wei, plutôt que d'envoyer des troupes au Zhao.
Créant une diversion, Sun Bin fait exprès de
perdre une bataille dans une ville de moyenne importance du royaume
Wei. En même temps, il envoie les troupes d'élite Qi à l'assaut de la
capitale du royaume.
Apprenant cela, Pang Juan et son armée se retirent du front de Zhao pour tenter de protèger Daliang, capitale du royaume Wei.
Mais l'armée du Qi tend un piège aux alentours de
Daliang. Et l'armée de Pang Juan, fatiguée à cause du long voyage, est
mise en déroute.
Sun Bin poursuit sa stratégie qui consiste à
frapper aux points faibles de l'ennemi. Et c'est ainsi que cette
bataille devient un classique dans l'histoire militaire chinoise.
La course des chevaux
Les nobles du royaume Qi ont pour habitude de
participer à des courses de chevaux. Ainsi, le roi et ses généraux se
défient pendant des joutes hippiques. Les courses se déroulent sur
trois manches, correspondants aux trois chevaux que chaque noble monte.
Chacaun de ces chevaux est d'un niveau différent. On fait d'abord
concourir les chevaux de meilleur niveau puis ceux de niveau inférieur.

En outre, le roi possède toujours les meilleurs
chevaux et se doit de gagner chaque course. Un jour, un général propose
au roi de changer l'ordre de compétition des chevaux. Son meilleur
cheval rencontrera celui du roi qui est considéré comme étant le moins
bon. Gràce à ce subterfuge, le général a gagné la course. Et c'est en
réalité l'idée de Sun Bin.
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Bian Que diagnostique la maladie du roi

Message par Nadej-isis le Jeu 22 Avr - 19:44

Bian
Que est l'un des plus éminents docteur renommé de l'histoire chinoise.
Un jour, il rendit visite au roi, l'examina pendant un moment, puis il
lui dit :
- « Vous avez une petite maladie de peau. Mais si vous ne la traitez pas à temps, elle pénètrera dans votre corps ».
Le roi ne le crut pas et nia sa maladie.
Bian Que ayant pris congé, le roi dit à ses chanceliers :
- « Ce docteur aime traiter ceux qui ne sont pas malade pour leur demander de l'argent ».
Dix jours plus tard, Bian Que revint et diagnostiqua :
- « La maladie est déjà entrée dans vos muscles. Si vous ne la traitez pas, ça sera plus grave ».
Mécontent, le roi ne lui répondit même pas. Puis Bian Que s'en alla.
Dix jours après, quand Bian Que rendit une troisième visite au roi, il lui dit :
- « Je constate que la maladie a déjà atteint votre estomac. Il faut la traiter le plus tôt possible ».
Et comme si c'était devenu une habitude, le roi ne l'écouta pas.
Dix jours plus tard encore, simplement en voyant le roi de loin
cette fois, Bian Que se retourna et détalla comme un lapin. Le roi fit
demander pourquoi il était parti si vite et sans rien dire, et Bian Que
répondit :
- « Les maladies de peau peuvent se traiter avec des pansements
chauds ; les muscles peuvent être soignés par acupuncture et moxas ;
quant à l'estomac, c'est à l'aide de certaines médecines très complexe
qu'on peut le traiter ; mais une fois dans les os, c'est au Dieu des
Enfers de décider, je ne peux plus rien faire. »
Cinq jours plus tard, le roi se sentit très mal et fit chercher Bian
Que, mais ce dernier s'était déjà réfugié dans un autre royaume.
Logiquement, le roi mourut peu de temps après.
Cette fable suggère de corriger ses fautes au plus vite, car petit à petit, les conséquences s'agravent.
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Nadej-isis

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Re: Contes chinois

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