Il se promenait

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Il se promenait

Message par ressilap le Lun 9 Mai - 10:08

Il se promenait en ville, à Gueliz, quartier d’extension, au delà des murailles ocres de Marrakech.

Créé du temps du protectorat Français, qui sera une réalité suite à une rencontre en Algérie, en 1905, si je ne me trompe; à Beni-Abbès plus exactement. Lyautey y rencontra l'explorateur Foucauld, partisan de l'intervention française au Maroc. En aparté, et pour ne parler que de la présence Française, du moins à ses débuts, il est nécessaire de rappeler que le général d'Amade est arrivé après le bombardement de Casablanca (troubles en juillet-août 1907) bombardements dont le général Drude est responsable.

Je pense qu'il est aussi nécessaire de souligner quelques fait, rapidement, afin de bien comprendre le Maroc et Marrakech. Notre promeneur ne connaissait que les grandes lignes, et, afin de mieux se plonger dans cette atmosphère, il lui est devenu primordial de mieux cerner le pourquoi de tels ensembles d'architectures, sinon coloniale, au moins occidentale, et souvent mélangé avec "l'esprit'" du Pays.

La campagne du Général d'Amade durera de février à mai 1908. Il sera, à cause de ce fait d'armes, et si cette appellation est applicable, de boucher de la chaouïa. Cela voudra tout dire. Même pour un homme d'Armes, il est une grande différence entre des morts suite à un combat, disons dans les règles , et une attaque sans discernement, rasant tout sur son passage, immobilier, comme femmes et enfants. A ce titre, ou sujet, Clémenceau, homme politique, dénoncera les actions faites à cette époque, et ce, au sein du Royaume du Maroc.

Ainsi le Maroc ira vers le protectorat Français et Espagnol. En novembre 1911 suite à un accord entre l'Allemagne, la France et la demande en mars 1911 d'une protection par les Français du sultan Moualy Hafid.

Elle sera effective le 30 mars 1912 le sultan Moulay Abd al-Hafid signe à Fès le traité qui place le Maroc sous protectorat français : il s'engage à ne conclure aucune alliance avec un autre pays que la France et à ne contracter aucun emprunt qu'avec elle, la France promet de respecter le sultan et la religion musulmane.

Mais revenons à Marrakech, et ce quartier de Gueliz, et, de même, du Maroc. Il parait, jouons à ne pas savoir exactement les faits historiques, que ce quartier ait été commencé du temps du protectorat Français, après le 30 mars 19012. Bien développé depuis, il pourrait être dénigré, il n'empêche qu'il est bien présent.

Notre promeneur avait cette étrange impression, et ce depuis le début de son installation, de marcher dans les traces de son père, bien que celui ci soit né dans un autre Pays du Maghreb d'à côté. Rappelons aussi , ici, que Maghreb veut dire occident.

Le "baladeur" ne savait rien des dates historiques, juste que des compatriotes étaient venus ici, et avait construits, gares, immeubles, routes, ponts,et que, parfois, des chibanis, le lui rappelaient avec un grand sourire dans les yeux et aux lèvres.

Il n'avait pas l'impression de déjà vu, non, mais d'y être normalement, naturellement à sa place. De son point de vue, de façon dommageable, quelques vieilles façades, jardins, du temps du "colonialisme" étaient en désuétude. D'autres présentent des ouvertures bouchées par des parpaings, des vieux volets fermés, des végétations surabondantes. Elles semblent attendre des projets de quelques riches promoteurs qui les abattrons pour réaliser, parfois, des projets douteux. Nous parlons d’esthétique. Dommage, ce sont des âmes de cette époque. Pas qu'il faille regretter le protectorat ou le colonialisme, non, juste des témoins d'une façon de vivre, de créer. Ceci dit, ce quartier possède quelques beaux ensembles immobilier, et des boulevards, avenues, très agréables au demeurant. Larges, paysagés, de vastes trottoirs, et aussi, des candélabres assez créatifs.

D'ailleurs, une de celle ci , notre promeneur parle d'avenue, longe l'enceinte du vieux Marrakech, et, lorsque l'on marche en direction de l'Ourika, que le soleil est au couchant, nous avons cette lumière inimitable, rougissante. Le mur est à notre gauche, d'un ocre jaune/rouge, la végétation est diverse, et, au loin, à l'horizon, les montagnes et la présence de neige. Paradoxe du Maroc, il est possible qu'il y ait 32° ici, et là bas la possibilité de skier. Bien sur nous parlons des 4 premiers mois de l'année.

L'enceinte fait dans les 19 km, de mémoire de lecteur. Dans la prolongation, toujours en direction de l'Ourika, l'enceinte des jardins de l'Agdal. Juste en face, un centre commercial. Un cinéma multiplexe (plusieurs salles). Nous sommes devant cette enceinte, dans un Pays du xx et xxi siècles, on se tourne à 180 ° et nous avons le nez sur des siècles d'histoires. Il est fréquent de ''trouver'' des ouvriers remettant en état ce mur, nous ne dirons pas vestiges, vu l'entretien, mais témoignage d'un autre temps.

Comme nous venons de le voir, il y a ce côté moderne, vers la Menara, et à d'autres endroits, des souks disséminés juste en bas de l'enceinte, côté nouveaux quartiers. Nous pouvons y trouver de tout. Manger, s'habiller, des brocantes. En général c'est toujours autour d'une porte. Celle qui désigne le passage dans les murs d'enceinte, souvent possédant de vieilles portes en bois magnifiques mais peu entretenues. A ce titre il faut souligner qu'il y a des efforts actuellement, pour réhabiliter l'enceinte, des portes, des façades, des trottoirs, des avenues. Bref, la ville fourmille de travaux en tous genres. Ils travaillent comme à Tanger, tous les jours de la semaine. A Tanger c'est même la nuit.

Il faut le dire franchement, mais quelques Marocains l'affirment aussi. Il y a des endroits ou il vaut mieux éviter de se promener seul, en touriste. A ce titre la place Jemaa El Fna est surprotégée. Cette place est partie prenante de la culture du Maroc puisqu'elle est qualifiée de lieu de spectacle au XVIIème siècle. Mais il est nécessaire de préciser qu'auparavant, au XIIème siècle, la place Jemaa el-Fna était un lieu de justice où les peines étaient publiquement appliquées. Elle fut le 28 avril 2011 un objectif terroriste et fit 17 morts dont 8 Français.

De nos jours nous y trouvons, mis à part les activités touristique de commerces, des polices en tous genres, y compris en civil. Le touriste y est très ''suivi". Elle fait partie du patrimoine de l'UNESCO depuis mai 2001.

Aller en dehors, dans certaines ruelles, ou quartier, est une décision à risque. Notre promeneur en a pris. Ceci dit il n'était pas toujours confiant. Le dépaysement y très très fort. La population très pauvre. Le "baladeur" n'invente pas, certain forum en parle, ou guide papier.

Parfois, il arrive, et oui, que des autochtones, pas forcément plus riche que les voleurs, parfois un gamin de 14 ans, vous disent tout bas, chuchotant, qu'il est risqué d'aller vers là, ou là bas; de protéger son appareil photo, de ne pas laisser son portefeuille dans la poche arrière du pantalon.
La complexité de la vieille ville, mais c'est vrai à Casa, Rabat, Tanger, donc la complexité, est dans le fait qu'il n'y ait pas de plaque indiquant une impasse, une rue, une direction. Dans cette perspective, il est probable que vous soyez dans l'obligation de faire demi tour, revenir sur vos pas. Il est possible d'avoir un sentiment de malaise lorsqu'une silhouette vous suivant, vous fasses subodorer, souvent à tord, que ce serait un malfaiteur. Attention, ne pas oublier, malgré tout, qu'un malfaiteur soit occulté par une malfaitrice.

Aux feux rouges les taxis, souvent, bloquent les portes de la voiture pour éviter une intrusion, celle d'un mendiant réclamant, parfois avec vivacité, souvent avec tout le malheurs du monde, un dirham.

Notre promeneur se promenait, se promène en ce monde coloré. Se sentant bien, évitant ses congénères, préférant les Marocains, Arabes, Berbères, Musulmans ou Juifs, noirs. Et que sais je encore. Il disait, à qui voulait l'entendre, qu'il était une ineptie de vouloir s'installer ici pour ne rester qu'en communauté Française, Européenne, Occidentale, et qu'à ce titre, si tel n'était pas le cas? autant retourner dans son Pays.

Curieusement c'est un "baladeur'' aimant son Pays, la France, avec ses erreurs, ses peurs, ses guerres, sa multiplicité. Il l'aimait profondément. Pour elle, il aurait mis, ou mettrait, sa vie en danger. Comme avant lui ses grands pères, anciens mutilés de 1914/1918, de son père, ancien de Monté Cassino et de ses interminables bombardements. De son frère, ancien de la guerre d'Algérie, et de ses horreurs, d'un côté ou de l'autre des "camps".

Il achetait, achète, les journaux du crus, se retrouvant à connaître parfois mieux que certain, les décisions de ce Pays, Royaume. Il s'informait des origines de ce Pays, des mouvements, non pas de foules, mais d' humains ayant foulés à pieds, à cheval, le Nord de ce continent Africain venant de l'Est. Du sud de l'Europe. Il aimait lire et s'instruire, boire les informations des avancés du Royaume. Développement de la zone Franche de Tanger, le solaire à Ouarzazate, les projets de barrages, de fermes piscicole. Les soucis de l'école publique, de la réalité du taux de travail des femmes de ce Pays .

Bien sur, certain aspect le dérangeait, que celui ci soit de l'ordre de la circulation, qu'il soit social (que d'êtres en charité) ou que sais je, mais la vivacité de transformation, de remise en question lui plaisait.

Mais pourquoi certain aspect le dérange. Il est une évidence, à mon avis de transcripteur, qu'il est impossible à une personne de gommer autant d'année d'apprentissage, de mimétisme, et qu'un référentiel inscrit dans une mémoire force à mettre en équation le vécu de l'individu , et la vision qu'il a de son visu immédiat. Il n'est pas forcément dans une logique de dire ''nous sommes meilleurs" mais de faire, de réaliser, un simple constat.

Ainsi cette douceur, même lorsque la température avoisine les 32 ° de ce début d'année, est facilement acceptable. Le fond de l'air est en général sec, avec un léger vent. Le visiteur avait été en février à El Jadida et Agadir ou il avait fait 24 °. L'humidité ambiante y rend, pour lui, difficile de ne pas transpirer.

Le choix de Marrakech n'avait pas été facile, préférant Rabat, mais cette ville de Marrakech est idéalement situé en voiture, par autoroute dans la plupart des cas, à 3 ou 4 heures de Rabat / Casa /El Jadida / Essaouira / Agadir / Ouarzazate /Beni Mellal. L'aéroport permet de se rendre dans pratiquement toutes les régions de France, ou d'ailleurs.
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