Histoire de l'Écriture

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Histoire de l'Écriture

Message par Admin le Dim 18 Mai - 22:40


Histoire de l'Écriture

Giorgio Carboni, Juillet 2005. Mis à jour en aout 2011
Traduit par Caroline Varin
Présentation

Sans doute, un des plus importants progrès de l’humanité a été l’écriture, mais bien souvent les gens ignorent les difficultés et le temps que cette conquête a demandé. À l'école on présente l’écriture comme quelque chose qui a toujours existé. De cette façon, les enseignants perdent l’occasion de décrire une histoire fascinante qui pourrait enchanter les enfants et augmenter leur curiosité pour apprendre ces techniques d’expression et de communication anciennes et raffinées.

Non seulement les enfants, mais aussi de nombreux adultes ne réfléchissent pas au processus complexe qui a amené l'écriture dans notre existence. Si vous êtes intéressés à connaitre un peu plus sur la naissance de l’écriture, rejoignez moi dans les paragraphes suivants pour un retour dans le temps à des milliers d’année de notre époque. Nous ferons aussi quelques expériences sur l’écriture. La naissance de l’écriture est un processus long et très intéressant, et je suis convaincu qu’à la fin de cet article vous voudrez en savoir plus sur ce sujet.


L'invention de l'écriture

Dans les temps anciens, personne de savait que l’écriture devait être inventée et sa découverte à été le fruit d’avancées continues, à travers un processus qui s’est déroulé pendant des milliers d’années qui s’est enrichis au fur et à mesure de différents développements. L’invention de l’écriture s’est fait de manière indépendante en différents endroits du globe et a suivi à chaque endroit les mêmes étapes fondamentales. Au début, pour indiquer une chose les gens utilisaient une image ou un symbole conventionnel. Ils ont eu ensuite progressivement recours à une écriture phonétique semblable à celle utilisée pour les rébus, puis ont utilisé une écriture syllabique pour enfin arriver à une écriture alphabétique.


Avant l'écriture

Vers la fin du paléolithique, il y a 30 – 40 000 ans de cela, les hommes commencèrent à tracer des graffitis et des peintures sur la roche et les murs des grottes. C’est à peu près à la même époque que remontent les plus anciens fragments d’os et les galets avec des encoches que l’on a trouvé. Malheureusement, nous ne connaissons précisément ni le but de ces magnifiques images d’animaux peintes sur les grottes, ni le but des signes répétés. Les peintures d’animaux étaient probablement l’objet de rites magiques pour les chasseurs, alors qu’il semble que les encoches gravés sur les os ou la pierre pouvaient être un moyen de compter des choses, comme par exemple les jours qui passaient, les mois lunaires, ou les proies capturées.


Des origines multiples

Il n’y a pas une origine unique à l’écriture; elle est née de manière indépendante dans différentes parties du monde. Il semblerait que les premières civilisations qui utilisèrent l’écriture furent les Sumériens et les Egyptiens dans les alentours de 3500 – 3300 av.JC. Il n’est pas possible de dire précisément laquelle des deux civilisations inventa l’écriture en premier, bien qu'il parait que l'écriture égyptienne ait eu des influx sumériens et non vice versa. C’étaient deux civilisations qui maitrisaient l’agriculture et le commerce depuis des millénaires et qui éprouvaient le besoin d’un système de notation des produits de l’agriculture. Souvent, les souverains imposaient des taxes à leurs sujets, taxes prélevées en pourcentages de la production agricole. Ils utilisaient ces ressources pour payer la construction des palais et des temples, pour maintenir l’armée, la cour, etc. Pour faciliter les échanges les gens éprouvèrent le besoin d’annoter les denrées. Il en allait de même pour les offrandes acheminées au temple. L’invention de l’écriture fut suivie de prés par des inventions typiques de l’âge Néolithique, comme la construction des cites, l’utilisation du bronze, l’invention de la roue, le tour de potier et du métier à tisser. A cette époque, l’agriculture et l'élevage s'étaient affirmés et il était de plus en plus important d’être capable de tenir le compte des denrées et des personnes sur des documents et lors des transactions commerciales.


De lents progrès

En Syrie, il y a 10 000 ans, les gens utilisaient jetons en argile de différentes formes pur indiquer les produits agricoles. Par exemple, un jeton en forme de coin et avec une croix gravée représentait un mouton. Une jeton conique faisait référence à une mesure de blé, un jeton ovoïdal indiquait une amphore d’huile, etc. pour faire la différence entre les moutons, les brebis et les agneaux, les jetons étaient gravés avec différentes marques. Pour signifier 20 moutons, les gens utilisaient 20 jetons. Ce système sera encore utilisé pendant des millénaires. En 3500 av.JC, les fonctionnaires des magasins du palais pour éviter de perdre des jetons les rangeaient dans des boules d’argile creuses et scellés (bullae). Sur ces bulles, ils représentaient la forme et la quantité des jetons qu’elles contenaient. Apres 300 ans environ, les jetons furent supprimés et les boules d’argile creuses laissèrent la place à des tablettes d’argile sur lesquelles on représentait simplement la forme et la quantité des jetons. Ces tablettes étaient plus petites et plus faciles à utiliser que les lourdes boules creuses. Ainsi, les objets tridimensionnels du départ furent remplacés par des tablettes plates figurant des objets en deux dimensions, plus pratiques à transporter et à ranger.

Figure 2 – Jetons d’argile utilisés pour représenter
des animaux de la ferme ou des produits de l’agriculture.
(copies faites au début du III ème millénaire ap.JC, c'est à dire il y a peu de jours).

Si toutefois vous vouliez représenter 43 amphores, vous deviez graver 43 dessins d’amphore. Quelqu’un a pensé à simplifier les choses en indiquant en premier le nombre et ensuite le dessin de l’objet compté. En pratique, les scribes commencèrent à représenter les unités avec des lignes tracées à l’aide de la pointe d’un stylet et les dizaines par des marques circulaires obtenues en enfonçant le bout du stylet sur la tablette. Apres ces nombres suivait le symbole de ce qu’on comptait. De cette manière, pour indiquait 43 amphores on ne devait plus dessiner 43 fois le symbole de l’amphore. Il suffisait d’indiquer : OOOO III et le dessin d’une seule amphore. Ce système était plus rapide à utiliser que le précédent. Après cela les signes indiquant les nombres et ceux indiquant les denrées se séparèrent en deux systèmes de signes différents : le système comptable et le système d’écriture.

S’il était assez facile de nommer les produits agricoles grâce à un dessin (pictogramme) ou par un symbole conventionnel (idéogramme), il était en revanche plus difficile d'écrire le nom de quelqu’un. Pour résoudre ce problème, quelqu’un pensa d'utiliser des mots courts, avec une ou deux syllabes et à les unir comme nous le faisons aujourd’hui avec un rebus. Donc aux alentours de 3000 av.JC, d’autres signes furent introduits, qui n’étaient pas utilisés pour désigner un objet, mais un son (phonogrammes). Par exemple, en Sumérien la tête était nommée « lu » et la bouche « ka ». En lisant ces signes l'un à la suite de l'autre comme des phonogrammes, il était possible d’obtenir le nom de « Luka » (« Luc »). Avec cette innovation importante, il était aussi possible d’écrire le nom de personnes qui étaient impliquées dans une transaction et non plus seulement les denrées. Les personnes étaient aussi capables d’écrire des mots abstraits.

Plusieurs siècles passèrent avant que quelqu’un ait l’idée d’utiliser l’écriture pour autre chose que pour la comptabilité. L’un des plus vieux écrits funéraire Sumériens date de 2700/2600 avant JC et indique le nom et les titres de la personne décédée. En 2400 avant JC, un souverain Sumérien décrivit ces propres exploits dans un long texte. En 2000 avant JC, l’écriture était utilisée à des fins légales, pour la littérature, pour les textes d’écoles, etc. l’écriture Sumérienne était un système mixte qui utilisait des symboles conventionnels, dont quelques-uns représentaient des objets et d’autres des sons.


L'écriture cunéiforme

Le terme d’écriture cunéiforme vient du fait que cette écriture se composait de signes qui ressemblaient à de petits coins, en latin : cuneus. Au tout début, l’écriture cunéiforme n’était pas composée du tout de coins et sur les tablettes d’argile les scribes gravaient la forme des objets à représenter et les signes indiquant des nombres. En général, les animaux domestiques et les produits de l’agriculture étaient représentés par des signes conventionnels alors que pour d’autres objets et pour les animaux sauvages il était de coutume de les dessiner en représentant leurs caractéristiques distinctives. Malheureusement, quand les scribes gravaient l’argile avec un stylet pointu ils causaient des fissures et le détachement de fragments argileux. Ils devaient donc nettoyer en permanence les dessins pendant qu’ils les gravaient sur la tablette. Pour éviter ces désagréments ils commencèrent à imprimer des marques droites à l’aide d’un stylet.

Ceci avait pour conséquence d’altérer le dessin. Les courbes étaient remplacées par des marques droites et les figures perdaient de leur réalisme. Au fil des siècles, les pictogrammes utilisés par les Mésopotamiens se transformèrent en un procédé de schématisation. A la fin, les figurant étaient méconnaissables. Elles étaient devenues des symboles abstraits. Leur signification n’était plus reliée à l’image originale que les gens n’étaient plus
capable de reconnaître (figure 3).

Comme je l’ai dit, l’écriture qui était née à des fins administratives s’est enrichie de signes ayant une valeur phonétique qui permettaient d’écrire des mots qu’on ne pouvait pas représenter par une image, comme les noms de familles et les concepts abstraits. Cette écriture s’est enrichie de figures qui dépeignaient des objets de la nature, des actions, etc.… le système d’écriture qui s’est développé était mixte, contenant aussi bien des pictogrammes, des phonogrammes que des symboles numériques.
L’écriture cunéiforme se répandit dans une bonne partie dans l’ancien Moyen Orient et était utilisée par des peuples différentes comme les Sumériens, les Akkadiens, les Babyloniens et les Assyriens. La plupart de ces peuples parlaient un langage sémitique, mais le système cunéiforme était aussi utilise par des peuples qui parlaient des langages Indo-Européens, comme les Hittites. Il était aussi utilise par les Egyptiens pour communiquer avec les princes de la cote orientale de la Méditerranée. L’écriture cunéiforme fut utilisée pendant des millénaires jusqu’à ce qu’elle soit remplacée par l’écriture alphabétique, qui était beaucoup plus facile à apprendre et à utiliser. Cependant l’écriture cunéiforme n’a pas disparue au moment ou l’écriture alphabétique est entrée en vigueur. Elle a survécu pendant de nombreux siècles parce que les scribes la considéraient comme supérieure pour exprimer les subtilités du langage et de la pensée.

L'écriture hiéroglyphique

Les origines de l’écriture hiéroglyphique fut à peu prés contemporaine de l’écriture cunéiforme. Elle n’évolua pas vers la structure cunéiforme, mais garda un aspect pictographique des symboles. Cela était probablement du au fait que les Egyptiens n’utilisaient pas de support en argile pour écrire mais des papyrus, des bois et des murs en pierres polies comme ceux des temples. Durant son évolution, l’écriture hiéroglyphique eut quelques influencés par les sumériens, mais développa sa voie originale. Ses symboles dérivaient des objets de la vie de tous les jours du peuple égyptien. A la différence de l’écriture sumérienne, qui pendant longtemps a été utilisée dans les documents de comptes exclusivement, assez vite l’écriture égyptienne a rapidement été utilisée pour écrire, c’est ainsi que les Egyptiens commencèrent à écrire des documents et des textes de littérature bien longtemps avant les Sumériens.

A l’instar des Sumériens, les Egyptiens utilisaient des pictogrammes pour indiquer des objets et des phonogrammes pour représenter des sons. La langue égyptienne n’était pas exactement une langue sémitique, mais lorsqu’ils écrivaient les Egyptiens utilisaient principalement des consonnes. Selon le nombre de consonnes qu’ils représentaient, les phonogrammes étaient séparés en quatre-lettre, trois-lettre, deux-lettres et une-lettre. En raison du fréquent usage des phonogrammes, l’écriture hiéroglyphique était pour la plupart phonétique. Plus tard, les phonogrammes composés d’une seule lettre furent appelés “signes alphabétiques”. Depuis le début, les Egyptiens disposaient de lettres alphabétiques qu’ils utilisaient comme n’importe quel signe parmi tant d’autres. Ils avaient la possibilité d’utiliser une écriture purement alphabétique mais ils ne l’ont pas fait parce qu’ils ont toujours préféré utiliser le riche répertoire de hiéroglyphes dont ils disposaient. En utilisant les phonogrammes, pictogrammes et déterminatives, les hiéroglyphes étaient aussi un langage mixte et pour la plupart phonétique.
Le terme de hiéroglyphe vient du Grec et signifie écriture sacrée, en effet, pour les Egyptiens l’écriture était un cadeau divin. Quand on considère la lecture comme le fait d’entendre une voix dans son esprit, on peut facilement imaginer comment ce phénomène étonnant peut avoir été considéré en ce temps là divin.

Pour les égyptiens les hiéroglyphes étaient sacrés et ces symboles conservaient les propriétés des objets auxquels ils faisaient référence, ils étaient donc magiques, vivants et exerçaient une influence et un pouvoir à part entière. Les Egyptiens avaient la possibilité d’écrire la même chose en utilisant différents symboles. Par la biais des références mythologiques qu’il était possible de trouver dans les symboles choisis, leur écrit était enrichi par des significations et des subtilités qu’il n’était pas possible de transmettre ou d’obtenir en passant par une écriture alphabétique.

En principe, chaque mot se composait de trois parties: la première était formée par des signes phonétiques ou phonogrammes qui suggéraient la prononciation du mot, la deuxième partie (qui était souvent omise) était compose d'un pictogramme qui représentait l’objet, la troisième partie était compose par un déterminatif qui indiquait le domaine auquel faisait référence le mot. Ce déterminatif aidait à placer le mot dans un contexte donné. Il n'avait pas un valeur phonétique et indiquait la fin du mot.

L’écriture hiéroglyphique était donc à la fois phonétique, figurative et symbolique. Souvent, les égyptiens fusionnaient des scènes de la vie de Pharaon ou même de personnes ordinaires avec l’écriture hiéroglyphique et d’une manière très moderne, l'écriture et les images s'éclairant les uns les autres. L’écriture hiéroglyphique à été utilisée depuis 3300 av.JC jusqu’à 394 ap.JC, donc pendant à peu prés 4000 ans.

Dans la figure 5, vous pouvez voir un exemple de hiéroglyphe. Les deux premiers signes sont des phonogrammes. Le signe en forme de bouche indique un R et le signe circulaire indique le son KH. Le mot est lu REKH, qui en vieil Egyptien signifie “connaitre”. Le pictogramme manque. Le déterminant est un papyrus roulé, qui signifie abstraction. Donc, dans ce cas on entend connaitre par l'esprit. Dans la bibliographie, vous pouvez trouver un texte qui explique comme lire et écrire des hiéroglyphes.





Les écritures Linéaire A et Linéaire B

Dans la première moitié du IIème millénaire av.JC, les Minoens en Crète utilisaient une écriture qui n’a pas encore été décryptée: la linéaire A, de claire dérivation Egyptienne. Quand les Mycéniens conquirent Crête, ils adoptèrent la linéaire A pour écrire dans leur propre langue, le grec ancien. Cette écriture, appelée la linéaire B, remplaça la précédente. Ces deux écritures étaient écrites sur des tablettes d’argile, mais ce n’était pas du cunéiforme. Elles utilisaient des caractères syllabiques et n'avaient rien à voir avec l’écriture alphabétique. La linéaire B disparut à cause de la destruction des palais Mycéniens qui eut lieu entre le XIII et le XIIème siècle av.JC. A cette période, les grandes civilisations de l’âge de bronze, de la mer Egée s'éteignirent soudainement. Des siècles de difficultés sérieuses suivirent et la population de cette région diminua de manière drastique. La Grèce redécouvrit l’écriture seulement 4 siècles plus tard, avec l’arrivée de l’alphabet Phénicien.


Les écritures alphabétiques

Dans le moyen Orient, on a trouvé des témoignages diffus d’essais d’une écriture plus simple que celles cunéiforme ou hiéroglyphique. Au XIV ème siècle av.JC, à Ougarit, une ville au nord sur la cote Syrienne, un alphabet cunéiforme se développa. L’écriture ougaritique fut utilisé jusqu’à la destruction de la ville en 1180 av.JC. Un autre alphabet cunéiforme fut utilisé dans le 500 av.JC dans la région de l'actuel Iran pour écrire en Perse ancien.


L'écriture alphabétique phénicienne

Maintenant, imaginez qu’entre 1900 et 1800 av.JC. Vous étiez un mineur et que vous travailliez pour les Egyptiens dans des mines de cuivre et de turquoise. Souvent vous côtoyez des hiéroglyphes et vous savez qu’ils font partie d'une écriture mais vous ne savez pas la lires, aussi car vous parlez un langue sémitique, différente de celle des Egyptiens. Vous voulez écrire des inscriptions votives aux Dieux, afin qu’ils vous protègent dans votre travail dangereux, mais vous ne savez pas comment vous y prendre. En observant les hiéroglyphes, vous aves l’idée d’en utiliser certains pour faire référence à des sons. De manière à mieux les mémoriser, chaque figure indique le premier son de son nom (acrophonie). Par exemple, la tête de taureau ou de bœuf (en sémitique ‘aleph) pour indiquer la lettre A (dans ce cas là il est orienté avec le museau vers le haut et les cornes vers le bas), la plante de maison (en sémitique Beth) pour indiquer le b, la paume de la main (kaph) pour indiquer le k, l’eau (Mem) pour signifier le m et ainsi de suite (figure 7).

De cette manière, vous obtenez un système d’écriture contenant seulement 22 signes. De par sa simplicité, il peut être appris par tous et ne demande plus des années d’étude comme pouvaient le demander le système cunéiforme ou hiéroglyphique. Les signes employés furent appelés les lettres. La collection de lettres fut nommée alphabet, et le système d’écriture qui utilisait ce genre de signes (acrophonique) fut appelé système alphabétique.

Cette écriture était aussi utilisée par les travailleurs occupés à la construction des palais et des temples, par les mercenaires au service du pharaon, et aussi par les marchands. Les inscriptions de Wadi el-Hol, qui sont l’un des premiers exemples de l’écriture alphabétique d’où provenait l’écriture Phénicienne, fut gravée entre 1900 et 1800 av.JC., sur une paroi de roche qui longeait une route militaire reliant Abidos et Thèbes dans la Vallée des Rois.

L’écriture appelée par les archéologues Proto-Sinaitic, parce que cette première inscription fut trouvée dans les mines de cuivre et de turquoise de la Péninsule du Sinai, était utilisée par des hommes de bas rang social pour marquer des courtes inscriptions. Petit à petit l’écriture, aussi connue comme Proto-Canaanite, se répandit et fut ensuite utilisée couramment par les Phéniciens. En observant les figures 6 et7, vous pouvez voir que de nombreux signes de l’écriture ancienne sont similaires à ceux que nous utilisons aujourd’hui. En effet, notre alphabet provident justement de celui Proto-Sinaitique. Pendant des siècles, ces lettres ont été modifiées et plus tard d’autres ont été ajoutée. Nous pouvons dire que chaque lettre de notre alphabet a une histoire propre.
L’écriture cunéiforme et hiéroglyphique comprenaient des centaines de symboles; elles étaient donc de ce fait compliquées à apprendre et difficiles à utiliser. Elles étaient réservées à une caste de spécialistes, les scribes. A l’inverse, du fait de son petit nombre de symboles, l’écriture alphabétique est plus simple à l’écrire et peut être facilement apprise et utilisée par tout le monde. Alors que l’écriture cunéiforme devait être gravée sur des tablettes d'argile, l’alphabet Sinaïtique et après lui l’alphabet Phénicien, pouvaient être écrits sur des papyrus, des peaux ou du bois. Cet alphabet répondait bien aux besoins des phéniciens, des gens qui voyageaient et échangeaient, leur permettant d'avoir à leur disposition un système d'écriture simple à apprendre et rapide à utiliser.

Expansion de l'alphabet phénicien

Les Grecs furent parmi les premiers à maitriser l’alphabet Phénicien. En effet, les Grecs et les Phéniciens étaient géographiquement proches et ils marchandaient activement ensemble, comme beaucoup d’autres navigateurs méditerranéens. Les Grecs reconnaissaient franchement l’origine Phénicienne de leur alphabet et appelèrent leurs signes la Phoinika Grammata, les lettres Phéniciennes. La première preuve de l’écriture Phénicienne date du XIIeme ou XIeme siècle avant JC, mais la transmission au peuple Grec semblait dater du VIIIeme siècle avant JC.

La langue Phénicienne était sémitique et son alphabet était composé uniquement de consonnes. Dans un langage Sémitique, l’utilisation seule des consonnes est suffisante pour comprendre le texte. A la lecture, le contexte aide à réduire les ambiguïtés et parfois certaines personnes ajoutaient de petits signes pour signaler des voyelles. A l’inverse en Grec ancien, comme dans toutes les langues Indo-Européennes, il était impossible d’écrire à l’aide des seules consonnes, parce que les gens auraient été confrontés à de trop grandes ambiguïtés. Par exemple en Français, si vous écrivez seulement avec les voyelles, vous aurez un texte incompréhensible. Le mot « rt » pourrait être route, rite, rate, etc. Face à ce problème, les Grecs adaptèrent quelques lettres de l’alphabet Phénicien à leurs besoins. De cette manière ils introduisirent les voyelles dans l’alphabet.
La première preuve de courts écrits en Italie date du VIIIeme siècle avant JC, mais c’est seulement aux alentours de l’an 700 avant JC, que les inscriptions Etrusques se multiplièrent. Les Etrusques ont aussi adapté l’alphabet Grec à leur propre langage, changeant la forme de nombreuses lettres. Successivement, l’alphabet Etrusque fut transmis aux Latins qui l’adaptèrent à leur tour. L’alphabet Latin fut alors exporté dans toutes les contrées colonisées par l’Empire Romain, mais les régions orientales continuèrent à utiliser l’alphabet Grec. Au début, l’alphabet Latin était composé des seules lettres capitales, mais avec l’utilisation courante de cet alphabet, l’écriture cursive a vu le jour. Au Moyen âge de l'écriture coursive dérivèrent des écritures minuscules qui aux temps de Charlemagne trouvèrent dans la gracieuse et claire écriture minuscule caroline un accomplissement unitaire. Dans le XV siècle, avec la découverte des textes classiques par les humanistes, de la minuscule caroline furent dérivés les écritures humanistique libraire et humanistique coursive desquelles dérivent les minuscules d'aujourd'hui.

L’alphabet Latin s’est répandu dans l’Europe entière et après les grandes découvertes géographique, fut emmené jusqu’en Amérique et en Océanie. De nombreux pays comme le Vietnam, les Philippines et l’Indonésie adoptèrent l’alphabet Latin. En 1928, la Turquie remplaça l’alphabet Arabe par l’alphabet Latin. Après la chute du mur de Berlin, d’autres pays possédant des langages similaires à celui de la Turquie, remplacèrent l’alphabet cyrillique par l’alphabet Latin.

L’alphabet Grec connut un fort essor dans le monde Hellénique, mais aujourd’hui il n’est encore utilisé qu’en Grèce. Du fait de l’importance de la littérature et de la philosophie des Grecs anciens, l’alphabet Grec et le Grec ancien sont encore étudiés dans de nombreux pays dans le monde. Au IXeme siècle après JC, l’évêque Cyril adapta l’alphabet Grec aux cultures Slaves. Cet alphabet fut répandu en Russie et parmi les peoples Slaves Orthodoxes qui l’appelèrent alphabet Cyrillique. De nombreux pays unis par le pacte de Varsovie adoptèrent cet alphabet. L’écriture des Araméens, des Syriens, des Hébreux, des Arabes et des Perses dérive aussi de l’alphabet Phénicien et sont écrits à l’aide de consonnes. De nombreux pays musulmans utilisent l’alphabet arabe.

Les autre écritures

Les traces les plus anciennes de l’écriture Chinoise remontent à la dynastie des Shang (1500 – 1028 avant JC). L’écriture Chinoise est composée de signes qui ont à la fois une valeur sémantique et syllabique. Leurs évolution fut similaire à celle de l’écriture cunéiforme, et des hiéroglyphes, mais elle n’atteint jamais le stade de l’alphabet. En général, dans ces écritures, chaque idéogramme combine une indication sémantique et une phonétique. Ce qui veut dire que chaque idéogramme ne se contente pas d’indiquer seulement une chose mais il indique aussi une prononciation. Au début, l’écriture chinoise avait une fonction religieuse, puis elle fut utilisée à des fins administratives et enfin pour les textes littéraires. Pour comprendre cette écriture, on a besoin de comprendre un minimum de 2400 caractères mais le nombre total d’idéogrammes est beaucoup plus important. En 1716, un dictionnaire de 47.043 caractères a été élaboré.

Au Mexique, l’écriture apparut aux alentours de 700 avant JC. Il semble que les Mayas tirèrent leur écriture d’une autre plus ancienne, utilisées par d’autres peuples. L’écriture Maya était syllabique et était utilisée pour décrire les évènements les plus importants qui concernaient les familles aristocratiques. Aux alentours de 250 après JC, l’écriture Maya était déjà utilisée et cela dura jusqu’au XVIIeme siècle après JC. Maintenant, ces scriptes sont activement déchiffrés.

Un grand nombre d’autres écritures a été mis en place au cours de l’histoire et en différents endroits du globe. Malheureusement, dans cet article d’introduction nous ne pouvons pas traiter de chacune, mais nous avons placé des références bibliographiques avec lesquelles vous pourrez étancher votre soif d’approfondissement du sujet. L’histoire de l’écriture est un sujet très complexe et passionnant. Nous sommes convaincus qu'il vaut surement la peine de mieux le connaitre.

http://www.funsci.com/fun3_fr/ecriture/ecriture.htm

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écrire: se créer une mémoire historique.

Message par nadia ibrahimi le Dim 18 Mai - 22:48


Plus pratique que des signaux de fumée...

Pour que des communautés puissent se former, il faut pouvoir échanger sur les opérations de commerce, diffuser des ordres et garder des archives, c'est-à-dire se créer une mémoire historique.

Certaines sociétés se sont développées en s'appuyant sur un système primitif de communication (les signaux de fumée par exemple), mais d'autres ont cherché à maîtriser au mieux l'échange des informations. En faisant confiance à quelques traits tracés à la hâte, elles sont entrées dans une nouvelle dimension à l'histoire riche et mouvementée : celle de l'écriture.
Quand on ne sait pas écrire, on dessine

Tonalamatl Aubin, manuscrit aztèque, fac-similé, 1900 (exposition à Figeac, musée Champollion) Les mots, les expressions du visage, les gestes, la musique... Il existe bien des façons de faire passer un message. Encore faut-il que l'interlocuteur soit à proximité !

Le problème se complique lorsque la communication ne peut être directe ou que l'on veut conserver ce message. Dans ce cas, et tous les enfants le savent, le plus simple est de représenter ce que l'on veut dire sous la forme de dessins.

Est-ce dans ce but que les artistes préhistoriques ont orné leurs grottes de scènes de chasses et de cavalcades ? On ne le saura peut-être jamais, mais il est certain que l'intention était bien de transmettre une information, comme semblent encore tenter de le faire ces empreintes de mains, pour certaines avec les doigts mutilés ou simplement repliés, comme dans la grotte Chauvet, peinte il y a 35.000 ans. Il s'agirait ici d'un système de code, souvent associé à des séries de points, qui montre la volonté de partager une information, avec d'autres hommes ou avec des divinités.
peinture de la grotte de Pech-Merle, 18 000 s. av. J.-C.
Apprendre d'abord à compter : Sumer

Il fallait plus prosaïquement connaître le nombre de sacs de grains disponibles !

Les marchands mésopotamiens ont d’abord employé des cailloux («calculi» en latin, qui a donné… «calcul») pour faire leurs comptes, puis, à Uruk, il y a près de 6000 ans, ils les ont remplacés par des boules en terre cuite.

Les Sumériens utilisent pour cela les matériaux qu'ils ont à profusion dans cette région marécageuse, c'est-à-dire l'argile et le calame (roseau). Ils perfectionnent leur système numérique et ajoutent des symboles pour savoir s'il est question d'ânes, de poules ou d'épis...
Des signes qui ne ressemblent plus à rien

Le commerçant veut-il faire savoir qu'il a des bœufs à vendre ? Il lui suffit de dessiner quelque chose qui y ressemble. Ainsi apparaissent les premiers pictogrammes (représentations schématiques), d'abord assez ressemblants, puis de plus en plus simplifiés.

Aux dessins maladroits de poissons, soleils et charrues s'associent ensuite des idéogrammes (signes représentant une idée) comme le pied, pour désigner le déplacement. Petit à petit, ces dessins se simplifient à l'extrême au point de rendre difficilement reconnaissable la figure d'origine.

Dans le même temps, vers 3000 av. J.-C, en Mésopotamie, les traits deviennent anguleux, ce qui vaut à cette écriture le nom de «cunéiforme» (expression latin qui signifie : en forme de clou). Facilement identifiable, elle reproduit le bout triangulaire du calame utilisé par le scribe, qui ensuite trace un trait droit, gagnant un temps considérable. Mais du coup, les dessins perdent leur valeur figurative. Et pour aller plus vite, on passe de la lecture verticale à la lecture horizontale. On ne reconnaît plus rien, il faut trouver un autre système !

L'idée surgit, simple et révolutionnaire : il suffit d'attribuer au signe représentant un chat, le son «cha». Et le tour est joué ! La naissance de l'écriture phonétique permet d'élargir considérablement la famille des mots transposables à l'écrit, en particulier en ouvrant la voie aux notions abstraites. Les archives commerciales peuvent désormais cohabiter avec les hymnes religieux, les annales historiques et les récits légendaires, en un mot avec la littérature.

Le premier héros connu s'appelle Gilgamesh : son épopée, retranscrite 2.600 av. J.-C. par des scribes sumériens, compose le premier récit imaginaire connu, célèbre notamment pour son épisode du déluge, bien plus ancien que celui de la Bible. Plus récent, le fameux code d'Hammourabi (1700 av. J.-C.) est le premier recueil de lois.

Et puisque l'écriture s'appuie désormais sur les sons, pourquoi ne pas retranscrire d'autres langues ? C'est ainsi que nous pouvons aujourd'hui déchiffrer les textes des anciens peuples de l'Iran, de l'Arménie ou encore des Hittites d'Anatolie, preuve de l'extraordinaire capacité d'adaptation de cette invention.
Au pays des hiéroglyphes : l'Égypte

Scribe Kaninisout, musée du Louvre, Paris A la même époque, dans la vallée du Nil, d’autres scribes s'activent également à retranscrire lois et contrats depuis le IIIe millénaire av. J.-C. Cette pratique de l'écriture est devenue un art non seulement à cause de la beauté des textes, mais aussi de sa complexité.

Champollion peut en témoigner. Combien de spécialistes européens se sont arraché les cheveux en maudissant ces anciens Égyptiens, qui n'avaient pas trouvé plus simple que de mélanger les signes retranscrivant uniquement les consonnes, ceux désignant les idées et ceux destinés à faciliter l'identification des précédents. Bref, une sorte de rébus artistique pour grammairiens philosophes.

Le hiéroglyphe (du grec hieron, «sacré» et gluphein, «graver») est en effet sacré puisqu'il a été offert par le dieu Thot, «le scribe parfait aux mains pures», aux hommes pour les aider à s'approprier le monde.

Pendant que le Moyen Empire égyptien s'installe à l'ombre des pyramides, les Chinois ne chôment pas et mettent au point l'écriture qui est encore la leur aujourd'hui. Voici une invention qui a traversé les siècles.

Tsang-Kié, inventeur des caractères chinois, 1685, BnF, Paris D'après la tradition, ce serait le ministre Cang Jie qui, vers 2700 av. J.-C. , aurait fait trembler les dieux de rage lorsque, avec ses quatre yeux, il observa les traces des pattes des oiseaux pour faire les caractères d’écriture. Les premiers caractères s'inspirent en effet de la forme des réalités à décrire avant de se styliser (par exemple, l'homme : 人) ou de former des idéogrammes. Ainsi, il suffit d'associer le signe de l'eau (氵) à celui des cheveux (木) pour faire naître l'idée de se laver les cheveux (沐). On part également du son lui-même auquel on ajoute une «clé» pour éviter les confusions entre homophones. On arrive ainsi à former près de 55.000 signes ! Heureusement, «seulement» 3000 sont nécessaires dans la vie courante.

Désireux de généraliser l’usage de l’écriture, Mao décida en 1958 la simplification de la graphie en diminuant le nombre de traits formant les caractères. C'est la maîtrise même de ces traits qui a permis le développement de l'art de la calligraphie, facilité par l'invention du papier au début de notre ère. Notons que le Japon et la Corée s'inspirèrent de leur grand voisin pour mettre au point leur propre écriture, au IVs. pour le premier, au XVe pour le second.
Le Sutra de la Grande Vertu de sagesse, Moheboreboluomijing, Chine, fin du Ve siècle, BnF, Paris
Y-a-t-il un Champollion dans la salle ?

Disque de Phaïstos, musée archéologique, Héraklion (Grèce)Les paléographes ont encore du travail car plusieurs écritures restent à déchiffrer. C'est le cas du linéaire A utilisé par les Minoens de Crète (de 2000 à 1500 av. J.-C.) sur des tablettes mises à jour à Cnossos par Sir Arthur Evans.

Sur cette même île est sorti de terre en 1908 un des plus grands mystères de l'histoire de l'écriture : un disque d'argile contenant une suite de caractères disposés en spirale, et dont on n'a retrouvé aucun autre exemple.

Ce fameux «disque de Phaïstos» pourrait tenir compagnie à la «table de Cortone», plaquette de bronze couverte d'un texte étrusque que les spécialistes peuvent lire, mais pas comprendre.

Manuscrit de Voynich, XVe s., bibliothèque Beinecke, Université Yale L'étrusque est en effet une langue pré-indo-européenne qui a totalement disparu, alors que l'écriture de ce peuple, empruntée au grec, ne pose aucun problème de déchiffrement.

Ce n'est pas le cas des 26 «rongo-rongo» ou «tablettes parlantes» de l'île de Pâques réchappées des bûchers des missionnaires, et qui depuis se refusent à tout déchiffrage.

Dans une autre catégorie, citons enfin le manuscrit de Voynich dont la provenance est aussi mystérieuse que le texte qui couvre ses pages en vélin
http://www.herodote.net/L_ecriture-synthese-1753.php
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Les origines de l'écriture

Message par nadia ibrahimi le Dim 18 Mai - 22:50

Naissance de l'écriture
Les origines de l'écriture - le début de l'Histoire
On a l'habitude de dire que la Préhistoire se termine avec la naissance de l'écriture. C'est effectivement avec ce changement culturel que l'homme va rentrer dans l'histoire et commencer à laisser des traces écrites. Les premiers écrits servaient surtout de livres de comptabilité ou d'inventaires. Mais l'homme va rapidement utiliser ce nouveau moyen de communication pour raconter des histoires... et surtout son histoire !

L'art rupestre, une première forme d'écriture ?
Il y a 40 000 ans, l'homme préhistorique commence à graver, peindre. Sans parler d'écriture on peut déjà remarquer que nos ancêtres ont cherché à communiquer, à transmettre un message, à témoigner (?)... Les grottes des Combarelles, de Font de Gaume ou de Lascaux laissent une impression très forte lorsqu'on les visite, comme si l'homme préhistorique avait voulu nous dire quelque chose, nous transmettre sa pensée. Il est pour l'instant difficile de comprendre le message. Si les tentatives d'explication des gravures pariétales sont nombreuses, aucune ne fait vraiment l'unanimité...
Pourquoi l'écriture ?

Une écriture devenue indispensable
comme moyen de communication
L'écriture est devenue un véritable "besoin" avec le développement d'un système de société hiérarchisée, l'existence d'un pouvoir centralisé, l'émergence des religions.
Les temples, centres de pouvoir religieux mais aussi administratif, vont devoir s'organiser, comptabiliser et mesuser. Les échanges commerciaux entre villes et contrées se multipliant, il faudra formaliser les actes de ventes.
Les "calculis" (voir ci-contre), ancêtres de nos factures, vont assez vite être remplacés par des tablettes d'argile dont le format va permettre d'indiquer le propriétaire d'un bien, et d'inventorier la totalité des marchandises.

L'écriture est née il y a 6000 ans dans deux contrées voisines, la Mésopotamie et l'Egypte, de manière presque simultanée mais différenciée. Si les hiéroglyphes égyptiens et les pictogrammes sumériens sont tous les deux formés de petites images, celles-ci sont totalement propres à leur région.


Calculis et son enveloppe bulle
Les calculis
Pour faciliter les échanges commerciaux, les marchands utilisaient de petits objets en terre cuite qui représentaient la marchandise accompagnée.
Valeurs des calculi : le petit cône valait 1, la petite boule 10, le grand cône 60 et le grand cône percé 600.
Pour "sceller" la transaction, ces figurines étaient enfouies dans une masse d'argile arrondie.

Les premiers écrits viennent de Mésopotamie

- 6000 BP La première écriture analytique
C'est dans les restes des temples des cités d'Uruk et de Lagash (le Pays de Sumer, l'actuel Irak) qu'on retrouve les premières traces d'écriture. Elles sont datées de 3300 ans avant JC. Les sumériens utilisaient des roseaux taillés en pointe (les calames) pour tracer les signes sur des tablettes d'argile.
Cette écriture était composée de pictogrammes ou signes représentant un seul mot ou concept. On a évalué que cette écriture était constituée de plus de 1500 représentations. Les sumériens utilisaient l'écriture pour la rédaction de livres de comptabilité et dénombraient ainsi les possessions du temple comme les sacs de grains, les têtes de bétail...
Pour certains "mots" les sumériens inventaient des idéogrammes en mélangeant deux pictogrammes...

- 5 700 BP Le cunéiforme
Les formes stylisées vont disparaître, elles vont être remplacées par l'écriture cunéiforme. Les sumériens vont prendre l'habitude de travailler différemment leurs calames : ils vont les tailler en biseau. En les enfonçant dans l'argile, l'empreinte avait une forme de "clou" d'où on a tiré le nom cunéiforme.
On a évalué que cette écriture étaient composée de seulement 600 signes.
Ces signes (non figuratifs) vont évoluer vers la représentation d'un son : le phonétisme. Ainsi, en associant une suite de sons, on va pouvoir écrire un mot : l'image du "chat" suivie de l'image du "pot" peuvent exprimer le mot "chapeau".... C'est l'ancêtre du rébus !
Pour aider à la lecture les sumériens utilisaient également des déterminatifs qui permettaient d'indiquer le genre ou le contexte des mots employés.
http://www.hominides.com/html/dossiers/ecriture-origine-naissance-premieres-ecritures.php
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L'écriture commence en Egypte

Message par nadia ibrahimi le Dim 18 Mai - 22:51

L'écriture commence en Egypte avec les hiéroglyphes

- 5000 BP les premiers hiéroglyphes
On a commencé à retrouver des documents où figurent des hiéroglyphes qui ont été datés de 3000 ans avant J-C. On suppose que l'écriture hiéroglyphique est plus ancienne que cette datation. Les premiers écrits comportent déjà des retransmissions de langue parlée mais ils abordent aussi de nombreux aspects de la civilisation égyptienne : pharmacologie, actes admistratifs, éducation... Cette écriture n'a pas pu se développer aussi complètement en quelques années... l'origine n'est donc pas encore retrouvée mais certainement plus ancienne.

On a déterminé 3 sortes de signes dans les textes anciens :
- les pictogrammes, seuls ou en combinaison pour représenter une chose ou une idée,
- les phonogrammes, qui expriment un son,
- les déterminatifs qui aident le lecteur pour la compréhension du texte, en classifiant les 2 sortes de signes précédentes.

Le sens de lecture de l'écriture hiéroglyphique, un cas particulier...
De manière générale les hiéroglyphes se lisent de droite à gauche sur un papyrus...
Sur les murs d'un temple le sens de lecture est indiqué par les figures intégrées dans les hiéroglyphes. Par exemple, si les figures sont tournées vers la gauche, alors le texte se lit de gauche à droite...
Tout cela paraît relativement simple, sauf que... parfois sur un temple le sens de lecture peut être "inversé" par la présence d'une statue divine à proximité du texte. Dans ce cas, même si les figures regardent vers la divinité le sens de lecture peut être inversé...

L'écriture cursive
Parallèlement aux hiéroglyphes un autre type d'écriture apparaît en Egypte : l'écriture cursive (ou hiératique). Plus simple et moins travaillée, cette écriture permet de rédiger plus rapidement des textes. Elle comporte toutefois, comme les hiérogyphes, des idéogrammes, des phonogrammes et des déterminatifs.
En 650 avant J-C une autre écriture cursive se développe, encore plus simplifiée : l'écriture démotique. Cette nouvelle forme d'écriture n'est plus réservée aux scribes et sa "simplicité" va lui permettre de s'étendre à d'autres couches de la population...
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Première écritures en Crète (et en Grèce)

Message par nadia ibrahimi le Dim 18 Mai - 22:51

Première écritures en Crète (et en Grèce)

- 4000 ans BP premières écriture crétoise
C'est à cette époque que se développe l'écriture en Crète et probablement en Grèce continentale. C'est particulièrement dans l'ancienne cité de Knossos que des inscriptions sur des tablettes d'argile ou gravées dans la pierre ont été retrouvées en 1900. On dénombre 3 sortes d'écriture :
- le linéaire B, le plus ancien (- 2000 ans avant J-C) est composé de 200 signes syllabaires (formés de syllabes). On suppose qu'il traduit une forme ancienne du grec. L'écriture a été déchiffrée en 1952.
- le linéaire A, ( - 1750 à - 1450 ans avant J-C) formé de signes stylisés dont la signification n'a pas pu encore être retrouvée.
- le disque de Phaïstos (- 700 ans avant J-C) qui présente sur ses 2 faces 45 signes figuratifs. C'est un unicum, c'est-à-dire que cette écriture a seulement été retrouvée sur ce disque. Elle reste incompréhensible et sa véracité a souvent été mise en doute.
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La Chine : premiers écrits

Message par nadia ibrahimi le Dim 18 Mai - 22:52

La Chine : premiers écrits

- 4000 BP les traces d'écriture en Chine.
La seule écriture qui est presque restée identique depuis 6 000 ans. Les premiers pictogrammes étaient tracés à l'encre de Chine avec une plume sur de la soie. Les méthodes ont changé mais les signes légèrement modifiés sont encore utilisés actuellement. Ils se sont stylisés au fur et à mesure que leur utilisation se répandait, mais plus dans un soucis de rapidité d'écriture.
On a dénombré plus de 4 500 graphies sur des documents datant de - 1 100 avant J-C... Les idéogrammes peuvent se décliner de quatre manières différentes :
- les images simples : elles sont la représentation stylisée de l'objet
- les symboles, qui représentent plutôt une idée, un concept
- les agrégats logiques : plusieurs caractères agglomérés qui forment un nouveau mot
- les complexes phoniques : deux éléments graphiques associent le sens et la prononciation d'un mot.

Particularité de l'écriture chinoise : les combinaisons de caractères sont assez étonnantes. Par exemple si on ajoute au caractère "oreille" le caractère "dragon" on obtient un caractère composé qui signifie "sourd"...
Tout aussi étonnant, un même son prononcé peut, suivant la calligraphie, signifier des choses totalement différentes...
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Invention de l'alphabet

Message par nadia ibrahimi le Dim 18 Mai - 22:54

Invention de l'alphabet

Ecriture Cunéiforme Alphabétique (Ougarit)Un premier alphabet il y a 3400 ans ?
Continuant à se répandre dans le monde, l'écriture va utiliser de nouvelles règles : c'est l'invention de l'alphabet.
"L'alphabet se compose d'un ensemble conventionnel de signes écrits dont chacun correspond à un seul son parlé ; tous ces signes, dont le nombre est limité, sont susceptibles d'être disposés selon des combinaisons interchangeables de façon à former des diverses syllabes et les différents mots. L'écriture semble avoir été inventée vers 3400 BP à Ougarit... un port de commerce alors très actif, où on a découvert en 1928 une série de tablettes écrites à l'aide de 30 signes seulement, d'aspect cunéiformes, utilisés pour noter des sons et non plus des idées..."



Lexique :
BP : Before Present - avant l'époque actuelle
Cunéiforme : en forme de clou
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Re: Histoire de l'Écriture

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