SMITH KIKI l'artiste américaine

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SMITH KIKI l'artiste américaine

Message par ichrak le Lun 17 Fév - 17:03

SMITH KIKI (1954- )

Sculpteur et graveur, l'artiste américaine d'origine allemande Kiki Smith explore dans ses œuvres, intenses et expressionnistes, le corps et les processus corporels.
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Fille de l'actrice américaine Jane Lawrence et de l'architecte et sculpteur américain Tony Smith, Kiki Smith naît le 18 janvier 1954 à Nuremberg, en Allemagne, où sa mère fait carrière en tant que chanteuse lyrique. En 1955, sa famille rentre aux États-Unis et s'établit à South Orange, à quelques kilomètres de New York. Après un bref passage à la Hartford Art School de 1974 à 1976, Kiki Smith s'installe à New York. Le travail de sculpture qu'elle entreprend alors ressemble très peu à celui de son père. Alors que celui-ci privilégie l'abstraction, elle s'engage dans l'étude de l'anatomie humaine et du monde naturel.
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Dans les années 1980, la jeune artiste explore ainsi souvent des parties du corps – main, appareil digestif, bassin, foie – et, avec des matériaux comme le tissu, le papier, le verre et la céramique, montre le mystère et la vulnérabilité de notre enveloppe charnelle. En 1985, Kiki Smith suit une courte formation aux soins médicaux d'urgence. Cinq ans plus tard, elle sculpte des corps humains aussi bien morcelés, tant des organes internes qu'externes (From Heart to hand, 1989), qu'entiers, utilisant souvent le papier ou la cire pour mieux imiter l'aspect de la peau, comme en témoigne Untitled (1990). Des corps grandeur nature d'un homme et d'une femme nus s'écoulent des fluides corporels, du sperme du sexe de l'homme qui n'ensemence rien et du lait maternel de la poitrine de la femme qui ne nourrit personne. Kiki Smith fait du corps le reflet des passions et des souffrances de l'existence. Ses sculptures, ses photographies et ses gravures abordent les thèmes de l'anatomie, l'autoportrait, la nature et réinventent les mythes et les contes de fées à partir de perspectives féminines, comme dans la lithographie Born (2002). Son travail redonne ainsi un souffle à la tradition expressionniste et émotive de la sculpture figurative.
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Kiki Smith

Message par ichrak le Lun 17 Fév - 17:04

Kiki Smith

Kiki Smith est une artiste allemande, née en 1954, et donc âgée d’une vingtaine d’années au moment de la vague féministe qui nous intéresse.

Souvent méconnue et assez injustement qualifiée de « ultra-féministe » du fait de lectures hâtives et dé-contextualisées de ses principales créations, c’est dans l’idée de redonner un sens, fréquemment galvaudé, à son oeuvre, que je souhaite vous parler de Kiki Smith. Bien sûr, il s’agira de rester fidèle à la définition que fait elle-même l’artiste de ses travaux, et de tirer des conclusions nourries par une observation objective de l’ensemble de sa carrière.
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Kiki Smith appartient à la seconde vague des artistes femmes qui ont influencé le courant des revendications féministes depuis 1970. Ainsi, c’est surtout au cours des décennies 1980 et 1990 qu’elle s’affirma sur la scène artistique, par le biais de ses sculptures mais aussi d’un important travail de sérigraphie qu’elle réalisa sur des vêtements. Caractéristique commune de ses oeuvres : la représentation obsessionnelle de parties du corps humain.

Très vite, Kiki Smith fait des corps, et principalement des corps féminins, le principal sujet de ses recherches plastiques, dans une évocation éminemment politique. C’est ainsi qu’elle réalisa les deux oeuvres qui feront injustement d’elle l’artiste « trash » par excellence de la mouvance féministe :

[Train | 1996]

La sculpture -installation « Train » de Kiki Smith fait clairement référence à la matière même qui fait l’identité féminine, à savoir les menstruations. La blancheur du moulage de cire avec lequel elle réalise son oeuvre contraste avec la couleur intense du sang qui s’échappe du corps de la figure, rendant la vision plus étrange et insoutenable encore. Ce sont en fait des milliers de perles de verre qui forment cette matière débordante, dans une récurrence propre aux sculptures de l’artiste.

Le corps féminin est montré sous un angle dégradant, en décomposition, dans la totale déperdition de sa propre matérialité. Et c’est là la volonté même Kiki Smith.

[Tale |1992]

« Regarder l’oeuvre de Kiki Smith, c’est être confronté à un corps qui s’affirme, mais qui n’arrive plus à fonctionner comme un tout« , déclare notamment Christine Ross dans l’analyse proposé par le catalogue d’exposition du Musée des Beaux-Arts de Montréal (Kiki Smith, 1996 | Editions du Musée des Beaux-Arts).

En termes psychanalytiques, ce mode d’expression ferait appel à la notion d’abjection (termes de la spécialiste Julia Kristeva cité par Claire Lahuerta dans sa réflexion très intéressante sur le sang menstruel dans l’art contemporain) : « Le sujet affirme sa subjectivité par expulsion de ce qui est culturellement défini comme impropre. Ainsi en va-t-il des liquides organiques tels que les larmes, le lait, les excréments, le sang menstruel, le sperme : dans les sociétés occidentales modernes, les éléments sont représentés, perçus et vécus comme de la saleté qui doit être évacuée pour assurer le propre de l’individu. »

Pas étonnant, au regard de l’étrange parti pris de cette artiste, que certains aient pu voir en elle la radicalisation poussée à l’extrême d’une expression féministe en prise avec la vulgarité des corps. Néanmoins, c’est là qu’il nous faut nuancer le propos, et proposer une appréhension plus large de l’oeuvre de Kiki Smith.

Dans les années 1990, le féminisme se combine à d’autres engagements politiques. L’homosexualité (du fait de l’épidémie de Sida grandissante) et la question du métissage culturel deviennent des champs d’exploration nouveaux pour les artistes, dont les artistes féministes touchées par les thèmes de l’exclusion et de la stigmatisation liés à la différence individuelle. L’idée du corps comme lieu de sévices, de maladies, de traumatismes, le corps « poubelle », deviendra une problématique très présente sur le devant de la scène artistique, et c’est aussi à ce courant dépassant le féminisme qu’appartient la production de Kiki Smith. Le Body Art qu’elle expose est totalement imprégné de significations politiques, dans le but de miner la représentation érotique classique de la femme portée par les artistes hommes ; l’exposition du système biologique des femmes doit être lue avant tout comme une métaphore des pressions et problématiques sociales, dissimulées aux yeux du commun.

Enfin, une lecture dans le temps de son oeuvre fait apparaitre la grande variété des procédés et des images qu’elle a employé pour toujours se référer à la question du corps, et plus particulièrement des « flux » le traversant : « All Souls » en 1988, une sérigraphie de 36 feuilles de papier thaïlandais répétant inlassablement des images de foetus, en noir et blanc | « Untitled » en 1990, représentant des enchainements de têtes de nourrissons | »Untitled » en 1991, affichant des séries de jambes se succédant les unes aux autres | « How I Know I’m Here », 1985, un très grand découpage de lino représentant des organes internes, dont un coeur, des poumons, des sexes féminins et masculins, des pieds, des visages et des mains.

Voir aussi : « Possession is Nine-Tenths of the Law », 1985 | « Black Flag », 1989 | « Cause I’m on my Time », 1990.

Il ne faut donc pas exclusivement lire l’expérimentation de Kiki Smith à l’aune du féminisme. Il s’agit davantage de l’observer à la lumière d’une réflexion sur l’ensemble des thématiques se référant au fonctionnement des corps.

La récente interview de l’artiste réalisée par Valérie Da Costa pour le magazine Particules montre particulièrement cet état de fait, et rend selon moi justice à une artiste réfléchie, dérangeante avant tout par sa façon d’exposer au grand jour ce « que l’on ne saurait voir »…
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كيكي سميث

Message par ichrak le Lun 17 Fév - 20:05


قدمان من البرونز ويدان ورأس آدمية، توصّل بينهم سلسلة صدئة من الحديد تتكوم على الأرض كأحشاء يطفح منها المعنى في جبروت وبداهة وميتافيزيقية. هذا العمل الآسر، رغم بساطته، يختصر المنطق الجسدي الشامل للجبهة الفنية التي تتمترس وراءها فنانة، أبسط ما يقال عنها إنها إحدى أيقونات الفن المعاصر! الأمريكية كيكي سميث 1954. من هذه السلسلة ـ الأحشاء، بما تشير وتحيل على المعنى الإكلينيكي البيولوجي الاجتماعي السياسي الذكوري الأنثوي، وفي الآن نفسه أيضا، الميلاد الموت البقاء التحول البعث التجدد... تنبثق كل مفردات وتقنيات ومفاهيم المنجز الفني الذي لا يفتأ يجدد منطق رؤاه وتنويعاته على تلك الرؤى في دهشة جمالية لا تني بدورها تتجدد.

في عائلة فنية، الأم مغنية أوبرا "جين لورانس"، والأب نحات معماري مصور ومنظّر للفن "توني سميث" ولدت "كيارا" والتي ستصبح فيما بعد "كيكي سميث". مساعدتها أبيها في صغرها في أعماله النحتية الهندسية الطابع، عمّق إحساسَها بالشكل والتشكيل، وفي الوقت ذاته ولّد في نفسها كراهة ضد المنطق الهندسي النظيف البارد. سوف يتطور هذا الشعور لاحقا إلى رفضٍ لجمالية النحت التقليدي المسطحة، إلى البحث عن منهج أكثر تغلغلا في كنه ذلك الجسد - السراب الهش المحكوم بخرس الموت والتحلل والاختفاء. صدمة موت أبيها كانت مفتاح الدخول إلى الشاشة المضببة لكتلة الهباء تلك!

لتدعم بحثها الفني المتغلغل في حقائق الجسد البيولوجية وأبعاده، لجأت سميث إلى دراسة الطب. حصلت على شهادة كطبيبة طوارئ. انعكست معارفها العلمية بشكل حاسم على أنامل رؤيتها المتلمّسةِ لحمَ وجلد وعظام خاماتها من ورق إلى زجاج إلى شمع إلى أحبار إلى أحبال إلى برادة صدأ إلى سيليكون إلى بلاستيكات إلى جبس إلى حجر وبرونز وحديد. ومن الرسم إلى الوشم إلى الطباعة إلى التركيب الفراغي إلى التمثال، المتملص بكل ما أوتي من إرادة فنية، من أي نزعة تقرّبه، ولو من بعيد، إلى المنطق الشكلي المألوف في فن النحت.

ليس للألوان هنا دور أو حاجة. الجسم الفني يأخذ لون مادته، ملمسَ مادتِه، يطفح بتعبيرية، من دون أن يتعثر أو يغرق فيها؛ يرسل هسيسا يقول صرخة صامتة. يؤطّر بحزام غير مرئي ساحة الصراع المستتر بين الوحشي والإنساني، بين الأنثوي والذكوري، بين الترابي والأثيري، بين الزاحف والطائر، بين القيد والمطرقة، بين القناع والحشا، بين الأحشاء والسلسلة.

قلنا إن كيمياء الخلق الفني ليست سوى كيمياء جسد الفنان نفسه. مقاييس مداره الجسدي هي مقاييس رياضته وحساباته في المادة التي تتشكل في يديه. تحريفاته ومبالغاته في الشكل ليست سوى صورة لجسده الأكثر جوّانية. لكل فنان منطق مختلف في المبالغة والتحريف يكاد يكون بصمته، أو هو بالأحرى بصمته. أرى التحريفات والتحويرات في عمل سميث فأكاد أرى صورتها هي، جسدها هي، وروحها هي، كما تومض في حدسي. حتى الغامض في العمل ليس سوى انعكاسا للغامض في الفنان، ذلك الذي لا يطاله الحدس، فالغامض فيك هو الغامض فيّ. إنه منطقة البحث المدوّخة. يطوف حولها الفن كفراشة حول مصباح. كذبابة على جثة.

الجسم المنحوت، في عملها، ممطوط، مسحوب، كخروج جنين من مشيمة. الجنين الشمعي المنكمش في مصيره المؤجل يلتصق على نعومة ظهره لسانٌ من عظمِ عمودٍ فقرى يمزج الموت بالولادة. تلمس خشونةُ الجسم العاري للمرأة ـ القرد، الذاهلة، تأملَ داروين في التطور وأصل الأنواع. كذلك المسوخ والتحولات، حين تنتصب الرؤوس الآدمية على جسوم غربان وطيور ذوات أثداء. وتُستحضر الخرافة وقصص الخيال فتخرج حواء من بطن الذئب. وتسبح الحيوانات المنوية كثعابين سمك في دائرة ينتصب جنبها الذكر والأنثى خرقتين باليتين مرفوعتين في فراغ الوقت كخياليْ مآته. وتدخل أجسام الكائنات من طيور وزواحف وحشرات حيز المكان. أرضية عرضٍ كاملة تبرقشها غربان ميتة. دائرة زرقاء مفروشة بكتيبة من مخلوقات دقيقة، وحيوانات البحر، مصنوعةٍ من كريستال. هذا الحس المائي يقابل طين الموت والولادة، الثقيلَ مادةً، الخفيفَ روحا.

هذا التنقل اللحني بين الأنواع والمخلوقات، وهذا العزف على خامات التعبير المعاصرة، التي أصبحت كل شيء وأي شيء، يشير إلى شمولية الرؤية وكونية الرؤيا، رغم المشيمة التي تخضّب أعمالَ هذه الفنانة بأنثويتها. التحيز لهذه الأنثوية يضفي على عملها، في أحد أبعاده المتوارية، نظرةً نقدية للوضعية الاجتماعية المتسلطة بذكوريتها، إلى جانب وضعية الكائن، بشكل عام، في منظومة اجتماعية سياسية تحكمها السلطة والقانون الأدنى من المستوى الإنساني المفترض!

لكنه الجسد ما تؤكد عليه أعمال سميث. هي هنا مستفيدة من نتاجات الفكر المادي في عصرها، من دون أن تتنكر لقيم روحية من السهل سقوطها من ثقوب جيوب الجسد المادي. تلك القيم التي صبغت نشأتها الدينية تركت حسا يدعم نظرتها للوجود وعلاقة الجسد، تلك المركبة السائرة، بأشياء هذا الوجود. فحين جسّدت في عملها المسمى "حكاية" امرأةً من الشمع المصبوغ، تحبو بذيل طويل وراءها كأنه الغائط، اشمأز النقاد ووصفوا العمل بالمشين المقزز وغير اللائق! لن تفرق هي بين فضلات الجسد وفضلات الدماغ من أفكار دخيلة على شمع الجسد. كذلك سوف تخرج من قراءتها لـ "كتاب الساعات" من تراث العصور الوسطى، بعمل يستحضر الانتباه إلى سوائل الجسم وإفرازاته، حين رصت اثنتي عشرة زجاجة ذوات سطح فضي لامع، بعضها إلى جانب البعض، محفور على كل زجاجة اسم أحد سوائل الجسم: بول، دم، لبن، دموع، مني.... هي هنا لم تذهب أبعد مما ذهب إليه فنان سابق عليها في الوقت وفي الريادة، بييرو ماتزوني، حين عبّأ برازه (؟) في علب فاخرة التصنيع مطبوع عليها بأربع لغات "خراء الفنان" وحدد ثمنها بتسعيرة الذهب وقتذاك! أعمال كيكي سميث القليلة المستفزة لا تتبع هذا المفهوم الساخر من آلية مجتمع استهلاكي. استفزازها لم يُقصد به الاستفزاز في ذاته، بل هي مناسبة أو دعوة للتأمل في كل محتويات الجسد، العضوية والفكرية والروحية. نوع من مصفاة يُرمي فيها ما هو أصيل في الجسد البشري وما هو دخيل عليه، ما هو حقيقي وما هو زائف.

يوسف ليمود
مجلة جسد
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